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Des engrais à partir de digestat

LA RÉDACTION, LE 1er MAI 2011
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La méthanisation des déchets agricoles a le vent en poupe, mais que faire des digestats, les résidus issus du processus de dégradation de la matière organique ? Aujourd'hui, ils sont soit épandus directement, soit transformés en compost, soit séchés. La société Akaeno, filiale du groupe SPTI spécialisée dans les énergies renouvelables, propose une quatrième solution : la fabrication d'engrais. « Les digestats contiennent beaucoup de matières minérales, à base d'azote, de phosphate ou de potassium, qui répondent aux besoins des sols agricoles, indique Isabelle Motte, présidente d'Akaeno. Isoler ces éléments permet de fabriquer des engrais répondant à des normes et représentant une valeur économique. » Pourquoi fabriquer un engrais, alors que l'épandage du digestat (directement ou après compostage) apporte les mêmes éléments nutritifs aux sols ? L'épandage direct est soumis à un plan d'épandage, qui varie selon les départements. Or, ces plans d'épandage pourraient devenir de plus en plus restrictifs, notamment dans les zones excédentaires en azote. Le compost peut être épandu sans contrainte lorsqu'il répond à une norme (NFU 44051), mais reste volumineux, et ne peut donc pas être transporté très loin. Dans des régions comme la Bretagne, qui produisent beaucoup de déchets méthanisables, les sols sont déjà en excès d'azote. Impossible donc d'épandre localement, mais aussi d'exporter les composts hors de la région. Des contraintes qui risquent de freiner les projets de méthanisation. Alors qu'un engrais répondant à des normes et connu des agriculteurs peut se vendre dans toute la France. Il apporte donc une solution plus sûre pour les digestats. Cerise sur le gâteau, il s'agit d'un engrais « vert », issu de ressources renouvelables. Akaeno donne peu de précisions sur son procédé de fabrication, baptisé Enoferti. Tout au plus sait-on qu'il s'agit d'un procédé physico-chimique, utilisant des acides et des bases et faisant l'objet d'un brevet. Il permet d'extraire du phosphate diammonique, ainsi que des composés riches en potasse. Il a été testé sur un pilote de petite taille. Il utilisera une partie de la chaleur dégagée par la méthanisation. « Pour bénéficier d'un tarif de rachat optimal de l'électricité produite par les méthaniseurs, ceux-ci doivent valoriser leur chaleur, rappelle Isabelle Motte. Ce que permet notre procédé. » Akaneo propose aussi des procédés biologiques de prétraitement des déchets mettant en oeuvre des cocktails bactériologiques spécifiques en amont de la méthanisation, lorsque la matière première est difficile à dégrader. L'unité de fabrication des engrais représente un surcoût non négligeable : + 50 à 60 % d'investissement par rapport au méthaniseur seul. Surcoût compensé, d'après Isabelle Motte, par la vente des engrais. Que se passe-t-il si ceux-ci ne répondent pas à la norme ? « Dans ce cas, on réinjecte le produit dans l'installation jusqu'à ce qu'il la respecte », indique la dirigeante. Ses méthaniseurs n'accepteront que les déchets agricoles (essentiellement le fumier, les lisiers, les fientes de poules...), pour éviter la contamination des digestats par des polluants parfois présents dans les ordures ménagères (métaux lourds des piles...). Akaeno vise le marché des installations de taille moyenne, de 1 à 2 MW, afin de garder un approvisionnement local et de limiter le nombre de camions. C'est la maison mère, SPTI, qui construira les méthaniseurs couplés à l'unité de fabrication d'engrais. Cinquante projets sont en cours d'étude ou d'instruction administrative.


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