Les vieux papiers de Rennes Métropole ne prendront plus la route pour rejoindre la papeterie de Rouen. Depuis avril, un accord de six ans lie la collectivité à la société Norske Skog Golbey (Vosges) pour le transport par rail de ses 12 000 tonnes de papiers à recycler collectés par an. Une solution rendue possible grâce au système développé par le papetier avec ses partenaires : des caisses mobiles pouvant chacune contenir 23 tonnes de déchets transportés en vrac jusqu'à son usine des Vosges. À vocation bimodale, ces conteneurs sont transférés d'un châssis routier à un wagon plateau, et autorisent un chargement conventionnel en centres de tri. Sans mise en balles, les coûts de conditionnement sont réduits, avec une économie de 25 euros par tonne pour la collectivité. « Cette solution alternative diminuera le trafic routier dont les émissions représentent près de la moitié de celles de notre territoire, souligne Jean-Louis Merrien, vice-président de Rennes Métropole, chargé des déchets. Nous supprimons ainsi la rotation de près de 450 camions par an. » Transformés en bobines de papier, ces déchets prennent le chemin inverse pour l'impression du journal Ouest France. Baptisée Valorail, la démarche constitue une première en France et pourrait servir d'exemple à d'autres projets de transports alternatifs. Déjà, la filière plastique de Rennes s'est engagée à transférer par rail environ 2 600 tonnes de déchets, soit 170 camions en moins sur les routes par an.