De collecteur d'huiles alimentaires usagées pour les fabricants de biocarburants et biocombustibles, Lorrainergies se prépare à devenir recycleur. Cette jeune société nancéienne met au point un procédé breveté pour transformer l'huile de friture des restaurants et cantines en un biolubrifiant, « c'est-à-dire en un produit aux paramètres physico-chimiques identiques à ceux des huiles minérales d'origine pétrolière, mais biodégradable à 95 % », expose le dirigeant Pascal Renaud. Le programme de R et D de 400 000 euros (dont 40 % de concours Oseo), engagé en 2010, associe un laboratoire d'ingénierie biomoléculaire de l'École nationale supérieure d'agronomie et des industries alimentaires ( Ensaia) de Nancy, l'ONF et plusieurs associations d'exploitants forestiers. La présence de ces professionnels s'explique : le principal débouché visé est l'huile de chaîne pour tronçonneuse, devant l'huile de coffrage pour les travaux publics.
Après décantation naturelle, le procédé combine centrifugation et filtration, afin de purifier les huiles en réduisant leur teneur en composés polaires de plus de 25 % à quelques pour-cent. Puis des additifs naturels créent une formulation « qui donne les caractéristiques exigées par les exploitants forestiers en termes de viscosité, de stabilité chimique entre - 20 à + 30 °C de température extérieure, et d'anti-usure », souligne Pascal Renaud. Le début de la production en série est prévu mi-2012. Atout pour la PME : depuis 2010, la réglementation bannit l'usage des huiles minérales pour travaux forestiers en zones naturelles sensibles.