Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RECYCLAGE

Les élus prennent leurs responsabilités

LA RÉDACTION, LE 1er NOVEMBRE 2011
Archiver cet article
Newsletters
Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
1. DÉCHETS : SÉCURISER LA COLLECTE La collecte des déchets est une activité à haut risque. Sur le terrain, les élus et leurs exploitants travaillent ensemble sur les tournées, le matériel et les habitudes des agents pour réduire le danger. Attention danger ! La collecte des déchets est un service à risque : en 2010, plus de 3 000 accidents ont touché des salariés du privé, sur un total d'environ 37 000 personnes1. « On observe une baisse du taux de gravité des accidents, mais leur fréquence a augmenté par rapport à 2009 », analyse Thierry Fassenot, ingénieur-conseil à la CnamTS. Les conséquences de cette forte accidentologie sont multiples : sociales - absentéisme élevé -, économiques - 180 000 journées de travail perdues en 20102 - et, enfin, juridiques, puisqu'un accident peut engager la responsabilité de la collectivité aux côtés de l'exploitant, même en cas de délégation du service public. Pour y remédier, la CnamTS a porté la recommandation R 4373, votée en 2008 par les partenaires sociaux. Elle liste de nombreuses mesures à prendre en matière de véhicules de collecte, de choix des conteneurs, d'aménagement de l'espace urbain ou d'équipements... Pour aller plus loin, et notamment préciser la responsabilité des collectivités, une charte nationale a été signée, en mai 2010, par la Fnade, la CNRACL, l'AMF et la CnamTS. Si la collecte de déchets connaît autant d'accidents, c'est qu'elle se déroule sur la voie publique. « Les accidents sont deux à trois fois plus fréquents lors de la collecte que pendant le traitement des déchets. Le plus souvent, des rippeurs sont renversés par des automobilistes », pointe du doigt Alain Chollot, en charge des déchets et du recyclage à l'INRS. « La R 437 est désormais la Bible en la matière. Si on limite les trois pratiques les plus à risques que sont la collecte bilatérale, la marche arrière et le fini-parti, on limite sérieusement la casse », préconise-t-il. Les accidents ne sont toutefois que la partie émergée de l'iceberg, le secteur connaissant également un taux élevé de troubles musculo-squelettiques. En élaborant des plans de tournée qui évitent aux équipiers de traverser les routes et aux chauffeurs de reculer, les collectivités assurent une meilleure sécurité. « Nous avons listé les points noirs, comme les zones de stationnement anarchique en pied d'immeubles. Nous avons travaillé avec l'exploitant, les bailleurs sociaux et le service de la voirie pour mettre en place des points de regroupement des déchets. Notre objectif est la disparition complète des marches arrière d'ici à la fin de 2012 », témoigne Jean-Louis Cavenne, vice-président de Reims Métropole, en charge de la collecte et du traitement des déchets. Pour renforcer le dispositif, la métropole a également choisi d'enterrer ses conteneurs. Le cahier des charges du marché public, avec Sita Reims nettoiement, impose aussi des suivis de collecte hebdomadaires, des formations et des équipements adaptés pour les agents. Pour éviter les marches arrière, le Siom de la vallée de Chevreuse dispose de minibennes de 3,5 tonnes, fournies par Veolia, pour circuler dans les rues étroites. La collecte bilatérale est en cours de suppression. « Pour moi, la responsabilité du donneur d'ordres consiste à assurer des conditions de travail optimales pour les équipes », analyse Olivier Le Clech, directeur général des services du Siom. « En plus des réunions hebdomadaires organisées avec Veolia, nous avons financé un nouveau bâtiment pour les collecteurs et nous veillons à sensibiliser le public sur les difficultés du métier. Un rippeur marche 15 km et soulève 6 tonnes en moyenne par tournée », insiste Yves Faure, son président. De leur côté, les opérateurs veillent à transmettre les règles de sécurité à leurs équipes. « Chaque recrue et tout collaborateur suivent annuellement une formation sur ce thème », explique Mohamed Jaafari, responsable d'exploitation à Coved (groupe Saur). Au sein de Veolia Propreté, un plan de formation a été lancé fin 2010 et trois règles de sécurité fondamentales énoncées. « La collecte bilatérale est interdite, sauf exception prévue et encadrée dans le plan de collecte. Aucun opérateur ne doit se tenir dans la zone d'évolution du lève-conteneurs. Enfin, les équipiers doivent toujours se trouver dans le champ de vision directe du chauffeur », explique Nicolas Mathon, directeur qualité, hygiène, sécurité, environnement de Veolia Propreté. La tradition du « fini-parti », qui autorise l'équipe de collecte à terminer sa journée une fois la tournée achevée, représente le troisième risque majeur. Quelques collectivités ont toutefois pris le taureau par les cornes. La communauté d'agglomération de Perpignan (PMCA) a testé son interdiction pendant six mois sur l'un de ses bassins, en imposant des journées de travail de sept heures, dont six heures en tournée. En juin dernier, elle a tiré un bilan très positif et pense généraliser la disposition à la fin de 2012. « Nous n'avons observé aucun accident avec arrêt, le taux d'absentéisme a baissé et les agents se disent moins stressés », témoigne Jean-Paul Billes, vice-président de l'agglomération. L'initiative proposée par le service prévention, hygiène et sécurité a ainsi réduit la fréquence des accidents de travail. Elle s'approche de la moyenne nationale après avoir connu un taux trois fois supérieur en 2008. 2. ASSAINISSEMENT : ÉQUIPER ET CERTIFIER La sécurité du personnel du service d'assainissement est d'abord une affaire d'équipement. Elle résulte aussi d'une culture du risque, que les collectivités peuvent construire en s'engageant dans des démarches volontaires. Les statistiques d'accidents du travail dans le secteur de l'assainissement de l'eau pour 2009 peuvent surprendre : avec dans l'ordre au palmarès, les lumbagos, les contusions, les entorses et les plaies. Lors du dépouillement des résultats d'une analyse des risques réalisée en 2010 au sein de sa direction de l'eau et de l'assainissement, le Grand Lyon a effectivement confirmé que « ce n'est pas sur les risques potentiellement les plus graves que se produisent le plus d'accidents », décrit Stéphane Dehame, pilote de la démarche QSE dans ce service. D'où une réorientation de la prévention. « Nous travaillons surtout sur les chutes de hauteur. Nous testons aussi de nouveaux systèmes de soulèvement de nos 70 000 plaques de voirie, pour faire face au risque de lumbago : tampons à levier intégré, lève-tampons magnétiques... », détaille-t-il. C'est en toute connaissance de ces enjeux que la communauté d'agglomération Seine-Eure ( Case) a entrepris la construction de sa nouvelle station d'épuration, à Léry. « Aucune charnière ou poignée ne dépasse des trappes. En effet, la première cause d'accident sur une station d'épuration est la chute de plain-pied », remarque Régis Petit, directeur général adjoint des services à la Case. Une analyse réalisée grâce au travail commun de la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail ( Carsat) de Normandie, du maître d'ouvrage la Case, du maître d'oeuvre Sogeti, du futur exploitant Veolia Eau et du constructeur Sources. « Lors de la conception, nous avons passé des journées entières à balayer tous les gestes liés à l'exploitation, particulièrement les actions quotidiennes ou récurrentes. Avec pour objectif de prévoir les équipements et aménagements permettant d'améliorer la sécurité et les conditions d'usage », raconte Régis Petit. Un des matériels installé, un pont-roulant, est capable d'aller chercher à peu près tous les équipements (pompes, dégrilleurs...) de la station. Les risques liés aux espaces confinés et au soulèvement d'objets lourds sont ainsi diminués. Une démarche d'anticipation exemplaire, qui a débouché sur la signature de la première charte régionale de prévention des risques dans les ouvrages de traitement de l'eau, le 23 juin dernier. Certaines collectivités ont préféré s'engager dans la certification : Montpellier Agglomération, dont la station d'épuration Maera (470 000 EH) a obtenu une certification sécurité en 2007, et le Grand Lyon, avec la certification sécurité du service d'eau et d'assainissement en juin dernier. Préalablement, les investissements avaient été nombreux, dans des systèmes de protection collective notamment. À l'image de ces locaux techniques installés à Lyon pour les agents intervenant sur les réseaux, comprenant une partie « propre », pour le personnel arrivant le matin et repartant après la douche, et une partie « sale » - un sas où les agents se débarrassent de leur équipement souillé. À l'image aussi des barreaudages installés sur tous les postes de relevage du réseau de Montpellier Agglomération, qui n'en étaient pas équipés avant 2003. Par ailleurs, « l'acquisition d'équipements de protection individuels performants est essentielle, comme des gilets de sauvetage autogonflants contre les risques de noyade ou des détecteurs quatre gaz, CO, O2, H2S et gaz combustibles, pour le travail sur le réseau », explique Louis Pouget, vice-président de Montpellier Agglomération en charge de l'assainissement. Mais la certification impose aussi une méthode. « Ce travail a mis en évidence nos faiblesses et nous a permis de hiérarchiser nos actions, » estime Stéphane Dehame. Elle s'engage aussi dans une logique d'amélioration continue. Le Grand Lyon a par exemple imaginé des cartes de présence dans les réseaux. « Les entreprises qui arrivent sur le terrain doivent nous appeler pour se signaler. Cela nous permettra de les alerter en cas de déversement dangereux », décrit Claude Pédemonte, technicien territorial responsable d'exploitation dans l'agglomération. Ce dernier expérimente aussi avec ses équipes « une base de test quotidien du bon fonctionnement des détecteurs quatre gaz, » devançant la réglementation en la matière. Stéphane Dehame estime enfin que la démarche de certification de l'agglomération mobilise les délégataires. « Certains s'engagent désormais dans la certification sécurité, alors que nous ne l'exigeons pas. » 3. ESPACES VERTS : FORMER ET PROTÉGER Les agents des espaces verts sont exposés à des risques liés à l'utilisation de machines et à la manipulation de produits phytosanitaires. Protection, formation et travail d'équipe sont les maîtres-mots pour les réduire. Jardiner n'est pas un métier tranquille ! « Au même titre que le personnel d'entretien de la voirie, celui des parcs et jardins est exposé à plusieurs types de risques », reconnaît Cécile Schleuniger, directrice du service espaces verts (SEV) de Lille. On en distingue trois : un risque biologique lié au travail en plein air (allergies, parasites, morsures d'animaux nécessitant d'être vacciné), un risque d'accident causé par les machines qu'il utilise ou les charges qu'il porte et un risque chimique en raison des produits et pesticides qu'il manipule. À ne pas négliger non plus, le stress ou risque psychosocial, associé au contact direct avec le public. « Sous prétexte qu'ils gênent la circulation, il n'est pas rare que des agents qui entretiennent les abords de voirie se fassent chahuter par les automobilistes. Quel que soit le chantier, mieux vaut ne pas intervenir seul, mais toujours en équipe », estime Claude Laurence, technicien sécurité à la direction des espaces verts de Lyon. Dès lors, le rôle des aînés ou des encadrants est essentiel pour rappeler aux jeunes recrues les consignes de sécurité et les former aux particularités des engins. En effet, à chaque mission son équipement. Prenez les gants : ils diffèrent selon l'outil employé (en cotte de mailles pour le sécateur), le produit aspergé (plus forte imperméabilité) ou les végétaux travaillés (gants spécial rosiers). « On se coupe souvent, mais avec l'expérience et de bons équipements, on limite la casse », glisse un jardinier de la Ville de Paris. En interne, il revient aux magasiniers d'aiguiller l'agent vers l'équipement de protection individuelle (EPI) le mieux adapté. Plus en amont, avant même l'achat du matériel, des services font l'effort d'associer les agents aux démonstrations techniques, pour qu'ils puissent le tester et juger de son ergonomie. « Être à l'aise avec le matériel utilisé est important, car c'est dans les situations les plus banales, comme monter ou descendre d'un véhicule, qu'on dénombre le plus d'accidents, met en garde Éric Bretton, directeur adjoint au SEV d'Orléans. Pour prévenir ces risques, on intervient le moins possible dans la précipitation et on sensibilise les agents en leur montrant des statistiques sur les accidents. » Après avoir élaboré un document unique de sécurité, une sorte d'audit interne des risques rencontrés service par service et métier par métier, cette ville déploie un plan d'action intégrant des moyens et des objectifs à atteindre. Le SEV y est associé et planche sur le sujet, avec l'ingénieur sécurité de la ville. « À Lille aussi, le travail de réduction des risques mobilise plusieurs services, de la voirie à la centrale d'achat, en passant par la DRH et le service hygiène et sécurité », rebondit Cyrille Pradal, conseiller délégué à la biodiversité de Lille. Plus original : outre des formations aux gestes et aux postures (pour prévenir l'usure professionnelle et les troubles musculo-squelettiques), le SEV lillois propose à ses agents une séance matinale d'échauffement physique dispensée par un coach de la direction des sports. À Lyon, l'accent sera mis aussi, dans les trois prochaines années, sur l'ergonomie dans le cadre d'un plan de prévention des risques liés à l'activité physique (Prap). D'autres formations, plus habituelles, ont trait au risque routier. « Conduire un engin automoteur nécessite un certificat d'aptitude. Pour un poids lourd, une remise à niveau du permis s'impose tous les cinq ans. Se pose aussi la question de la conduite en état d'ébriété, un cas plus courant qu'on ne le croit », éclaire Cécile Schleuniger. Les chantiers les plus à risques sont l'élagage, le débroussaillage et le désherbage. « Ceux qui grimpent pour élaguer sont des spécialistes. Ils prennent toutes les précautions nécessaires. Mais ceux qui les accompagnent et restent à terre sont moins qualifiés. Ils ont besoin d'être mis en sécurité », préconise Éric Bretton. La prévention s'appuie alors sur une bonne reconnaissance et un balisage du terrain, la disponibilité à proximité d'une trousse de secours, la formation d'au moins un agent aux premiers secours et la vérification au préalable du matériel. En cas de désherbage chimique, la liste des mesures à respecter s'allonge : stockage des produits dans un local fermé, affichage des fiches de données de sécurité communiquées par les fournisseurs, formation sur les bonnes pratiques d'utilisation des produits phytos... « Les agents pensent à se protéger lors de la pulvérisation, moins lorsqu'ils préparent et mélangent le produit. Or c'est là qu'il est le plus pur et le plus nocif », explique Éric Bretton. Dans les villes zéro phyto, la conversion au désherbage thermique n'évacue pas tous les risques. « On n'utilise pas du jour au lendemain cet engin au gaz sans une formation adaptée », conclut Claude Laurence.


PARTAGER :
À LIRE ÉGALEMENT
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Quand les eaux usées deviennent une matière première pour l’isolation des bâtiments
Reims, cas exemplaire de réemploi des mâchefers
Reims, cas exemplaire de réemploi des mâchefers
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
REP emballages professionnels : un cadre désormais stabilisé, des enjeux colossaux à relever
Kolja Kuse, TechnoCarbonTechnologies : « Une solution alternative au béton »
Kolja Kuse, TechnoCarbonTechnologies : « Une solution alternative au béton »
TOUS LES ARTICLES RECYCLAGE
Les plus lus