« De nouveaux outils pour orienter les politiques publiques »
1 L'Association des régions de France a construit une batterie d'indicateurs du développement durable adaptés aux territoires, comment les avez-vous choisis ?
Les travaux de l'ARF ont abouti à retenir 3 indicateurs de synthèse et 22 indicateurs de contexte. L'indice de développement humain (IDH) regroupe des données sur la santé, l'éducation et le niveau de vie, l'indice de santé sociale (ISS) rassemble des données sur l'éducation, la justice, le logement, la santé, les revenus et le travail et, enfin, l'empreinte écologique mesure la pression exercée sur les ressources et l'environnement. Quant aux indicateurs de contexte choisis, ils vont du taux de création d'entreprises à la quantité de déchets ménagés collectés par habitant, en passant par la qualité de l'air ou l'espérance de vie.
2 Quel intérêt représentent-ils pour les élus ?
Aujourd'hui, le seul indicateur partagé est le PIB qui ne rend compte que de la production marchande. Comment traduire la richesse sociétale, le bien-être des ménages ? Il suffit de comparer les cartes de France que nous avons produites, selon le PIB, l'IDH ou l'ISS pour se rendre compte de l'intérêt de ces nouvelles lectures. Ainsi, si l'Île-de-France est en tête du PIB, elle passe en 17e position pour l'ISS. Le Limousin, 19e sur le critère PIB, est en tête sur celui de l'ISS. Il faut sortir de la pensée unique et évaluer autrement le potentiel de développement des territoires. Ces indicateurs fournissent aux élus de nouveaux outils pour orienter les politiques publiques et les financements selon les retards constatés de tel ou tel territoire.
3 Quels déploiements espérez-vous ?
Tout d'abord, nous espérons publier, d'ici à la fin de l'année, un calculateur de l'empreinte écologique libre de droits afin de rendre cet indicateur accessible à toutes les collectivités. Nous souhaitons aussi signer une convention de partenariat avec l'Insee pour qu'il se charge de la réactualisation annuelle de ces indicateurs. Enfin, nous avons rencontré Eurostat pour que nos indicateurs représentatifs du développement durable sur les 22 régions de France soient repris au niveau européen. Là aussi, on peut imaginer une orientation plus subtile et mieux adaptée des aides européennes.