En croisant les données du ministère de l'Écologie, des Voies navigables de France et de l'Unicem*, l'Union nationale des producteurs de granulats (UNPG) a réalisé une étude sur le transport des granulats en France. Premier du genre, ce travail révèle quelques contradictions : malgré une volonté politique durable engagée sur le multimodal, le transport des granulats en France reste dominé par la route. Avec plus de 370 millions de tonnes de granulats transportées en 2010 par camion, les carriers sont soumis à des contraintes de plus en plus pesantes (nuisances, sécurité, coût) vis-à-vis de ce mode de transport à fort impact écologique et économique. Alors que le fret ferroviaire pourrait être privilégié dans ce secteur, l'absence de compétitivité et de dynamisme de la part de Fret SNCF a entraîné un déclin des volumes transportés sur rail. Les tonnages stagnent désormais autour de 12 millions de tonnes. La voie flu-viale est surtout employée dans des régions à fort taux d'embranchement eau comme l'Ile-de-France avec une concentration des ports sur la Seine. Pour les professionnels, ce mode de transport mériterait d'être renforcé en préservant les carrières en bord d'eau. Pourtant dans l'ensemble, les granulats arrivent en tête des produits transportés sur l'eau avec 21 millions de tonnes, soit 35 % des tonnages totaux. Alors que les carriers sont soumis à des normes drastiques sur l'environnement (protection de la biodiversité et recyclage des matériaux), l'UNPG met en garde les pouvoirs publics face à des tensions possibles avec les opérateurs et ses clients industriels : « On ne peut pas réduire le transport routier si on ne facilite pas l'accès aux réseaux fluviaux et ferroviaires existants ou si on nous invite à créer des plateformes de recyclage qui impliquent une augmentation des trajets entre sites de démolition, centres de traitement et consommateur final » avoue Nicolas Vuiller, président de l'UNPG.