C'est un humaniste que le prix de l'Entrepreneur de l'année1 met à l'honneur : Jean-Luc Petithuguenin . Quand on l'appelle pour parler de Paprec, qu'il a repris en 1995, et de son parcours, le président-directeur général ne dit pas un mot sur les 750 millions d'euros de chiffre d'affaires que son groupe spécialisé dans le recyclage réalise, ni sur son taux de croissance moyen de 29 % par an. Non, il évoque l'embauche d'un homme de 62 ans, qui va terminer sa vie professionnelle chez Paprec, et reprendre confiance en lui, ou ce Malien « bac moins huit, analphabète, aujourd'hui cadre ». Pour lui, l'entreprise n'est pas seulement là pour vendre un service, elle a un vrai rôle social. L'humain est au cœur de sa philosophie. Et il ne tarit pas d'éloge sur ses collaborateurs, tous « formidables ». « Mon management est basé sur l'excellence et la gentillesse. Le premier comme objectif, le second comme moyen, avec la solidarité. » Cependant, en se lançant dans l'aventure Paprec, en 1995, il ne pensait pas passer de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires au milliard (prévu en 2015). La passion et la certitude que le recyclage est un « marché exceptionnel » sont les aiguillons de Jean-Luc Petithuguenin. « Tout le monde n'a pas mesuré la révolution qui est en train de se produire. On sort de l'ère du gaspillage pour entrer dans celle du recyclage. L'homme réalise que le monde est fini. Cette période figurera dans les livres d'histoire, au même titre que la Révolution industrielle en Angleterre au XIXe siècle. »