Une étude publiée par Record l'été dernier, fait le point sur la filière des déchets de caoutchouc en France (gisements, modalités de collecte). Objectif : recenser et étudier les procédés permettant leur valorisation matière sous leurs aspects techniques, environnementaux et économiques, à l'échelle internationale. Principaux enseignements : au niveau national, l'essentiel du gisement de déchets de caoutchouc faisant l'objet d'une collecte et d'une valorisation organisées est constitué de pneumatiques usagés. Le mode de valorisation le plus répandu à ce jour est la valorisation énergétique. La gestion des déchets de caoutchouc hors pneumatiques semble plus hétérogène, avec des quantités dispersées et difficilement mobilisables. Concernant les procédés de traitement, les techniques de broyage et granulation dominent à l'échelle industrielle. De nombreux projets de R&D sont toutefois en cours, et visent à développer la valorisation matière des caoutchoucs. Bien que les contextes réglementaires et économiques privilégient le recyclage, cette voie ne sera pérenne que si les techniques utilisées deviennent viables. Le coût constitue le principal obstacle à leur mise en place, devant les freins techniques et scientifiques. En effet, malgré des flux théoriquement suffisants pour l'essor, les coûts de reprise de la matière valorisée par les méthodes classiques développées à l'échelle industrielle dépassent en règle générale le coût de la matière vierge, pour une qualité parfois moindre. L'analyse des techniques en développement mentionnée dans cette étude, couplée aux contextes économiques et environnementaux qui peuvent aboutir à une économie de matière première, permet toutefois d'envisager une inversion de cette tendance pour les prochaines années.