L'émergence de nouvelles filières industrielles de pointe, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables a engendré une forte croissance de la consommation de platinoïdes. Ce besoin grandissant ne pourra bientôt plus être satisfait uniquement par l'extraction minière des ressources naturelles, pour des raisons géostratégiques, économiques et environnementales. Le recyclage de ces métaux stratégiques est devenu une réalité mais n'en est qu'à ses balbutiements. Des technologies ont déjà fait leur preuve avec la pyro-et l'hydrométallurgie. Toutefois, ces procédés très énergivores et gros consommateurs de substances chimiques pourraient à terme disparaître au profit de techniques plus respectueuses de l'environnement. C'est le cas du projet NanoPOP qui met en avant un recyclage basé sur la biométallurgie pour récupérer les métaux précieux, issus de déchets ou d'effluents industriels. Pour y parvenir, une équipe de chercheurs allemands de l'université de Giessen, ont fait appel à des bactéries tolérantes aux métaux lourds. Ces bactéries produisent des catalyseurs hautement actifs découlant d'un processus mettant en scène simultanément une croissance microbienne, une réduction métallique et une formation de nanoparticules. Le projet NanoPOP porte sur trois ans. Il est financé par le ministère de la recherche et de la formation à concurrence d'un million d'euros. Ce procédé ne se limite pas aux applications chimiques et environnementales, pour éliminer des polluants ou des micro-organismes pathogènes. D'autres applications industrielles, comme le secteur des transports, pourraient également y recourir.