Le secteur des papiers souffre de la conjoncture actuelle. Dans leur bilan et perspectives communiqués à la presse le 21 février, les professionnels réunis au sein de la Maison des industries des papiers et cartons soulignent que 2012 n'est pas un bon cru et que les perspectives 2013 ne sont pas bonnes. Pour autant, il convient de nuancer.
La distribution de papier à usage graphique enregistre un recul de 5,9 % de ses ventes en volumes à 820 000 tonnes de papier vendues en 2012. Les productions dans cette catégorie sont en retrait de 10,1 % (3,086 Mt) dont - 6,9 % pour les papiers de presse et - 23,2 % pour les papiers non couchés. La dématérialisation est certainement l'une des causes de cette baisse avec la disparition d'un certain nombre d'imprimés, factures, catalogues et autres. Le papier journal est affecté par une forte chute de la consommation, - 16,4 % en 2012. La presse éditoriale est en forte baisse et la presse gratuite d'annonces a quasiment disparu. Mais, le papier magazine ne fléchit que de 0,6 %, un secteur, indique Copacel moins touché par la contraction des investissements publicitaires.
Les matières premières utilisées sont principalement de la fibre vierge pour les papiers d'impression et d'écriture et des fibres recyclées pour le papier journal. Les prix de ces matières sont sujets à évolution cyclique mais, notent les professionnels, « dans une rétrospective sur les 10 dernières années, on constate que les prix de la matière vierge ou recyclée demeurent à des niveaux élevés. » Au cours de cette décade le taux de rentabilité de l'industrie papetière française est passé de 9,8 % en 2002 à 1,2 % en 2012. La filière emballage papier-carton représente plus d'un tiers des emballages produits en France (36 %) et 600 entreprises. La production totale en 2012 des papiers d'emballages et cartons a atteint 3,791 Mt, en baisse de 3,7 % sur l'année précédente. Les situations sont différenciées. La baisse des emballages en carton ondulé (-0,8 %) est liée, en particulier, aux difficultés de l'industrie manufacturière et à l'agroalimentaire, celle des sacs industriels (-5,2 %) à la construction.