Comment sauver l'industrie de l'aluminium ? Après la première table ronde sur l'avenir de l'aluminium mi-février (RR n°9-2013) impulsée par Arnaud Montebourg, une commission d'enquête nationale s'est déroulée à l'Assemblée nationale le 20 mars avec Alain Bocquet (député du Nord) comme rapporteur. Premier constat dénoncé par les représentants de la filière aluminium : le coût de l'électricité jugé trop élevé en France, représente aujourd'hui plus d'un tiers du coût total de production. Même si la production d'aluminium primaire ne se concentre en France que sur deux sites (Saint-Jean-de-Maurienne et Dunkerque, soit environ 300 000 tonnes), la filière et le gouvernement ne veulent pas lâcher l'activité. De la production à la transformation en passant par le recyclage, la filière représente plus de 10 000 emplois. Parmi les propositions de l'Association Française de l'Aluminium, la France doit s'engager à prolonger les contrats tarifaires historiques – alors que ceux-ci arrivent à terme en 2014 – et défendre des tarifs de proximité avec le nucléaire. Autre demande, liée cette fois-ci à la concurrence chinoise sur la feuille, le profilé et le filage : « Il ne faut pas attendre la fermeture de sites pour mettre en place des barrières antidumping, avertit Béatrice Charon présidente de l'AFA et vice-présidente Business Planning chez Constellium. En Amérique du Nord, des mesures ont d'ores et déjà été prises pour protéger la production de profilés ». Enfin, le recyclage compte de plus en plus pour la filière, car très peu énergivore. Les producteurs de seconde fusion déplorent à ce titre que la France soit obligée d'importer 58 000 tonnes d'aluminium par an alors que le pays est exportateur net de déchets. Des pistes sont à l'étude pour collecter plus de déchets aluminium, en particulier dans les emballages ménagers (57 % de canettes usagées recyclées seulement en France contre une moyenne européenne de 67 %).