Après une phase de test, la filière dédiée au recyclage des déchets d'ameublement professionnels est enfin opérationnelle. En fixant le prix de l'éco-contribution effective le 1er mai à environ 100 euros/ tonne (en fonction des matériaux), l'éco-organisme boucle le financement de sa filière. Les mobiliers de bureau, de collectivités et de magasins sont collectés et traités depuis le 1er mars. Le réseau est à ce jour doté de 40 PAV (points d'apport volontaire), 19 centres de regroupement pour la collecte et 21 centres de traitement, dont 3 sites « CTHP » (Centre de Tri Haute Performance). Semaval (groupe Semardel) constitue l'un de ces centres automatisés les mieux équipés (20 millions d'euros d'investissement). Inauguré en août dernier, ce site de 13 000 m2 prévoit de recycler 50 000 à 80 000 t/an de DEA (pour une capacité de 200 000 t/ an), en provenance de cinq départements (28, 45, 78, 91 et 94). Ses deux lignes de tri (d'une capacité de 25 et 35 tonnes/heure chacune) sont dédiées à la filière une partie de la semaine pour assurer la traçabilité du gisement.
Broyage et tri
Les déchets collectés sont pré-triés en 4 campagnes (assises, plans de travail, meubles le rangement, divers). Ils passent dans un broyeur hydraulique, puis un trommel qui les sépare en 3 fractions (0-150 mm, 150-400 et +400 mm). Les déchets ferreux sont déferraillés avec un overband, pendant que les éléments les plus fins passent au crible à étoiles. Ensuite, les matières sont triées selon leur poids via un crible aéraulique. Le tri optique, en fin de chaîne, distingue les différentes matières. Pour le bois, deux qualités sont distinguées : le Bois A (brun, non traité) et le bois B (blanc, traité). Le premier est valorisable en matière (revendu environ 30 euros/ tonne), et le second sous forme énergétique (environ 10 à 15 euros/tonne). Le CSR restant est en phase de test pour une valorisation énergétique, en pyrogazéifica-tion. Au total, Semaval assure qu'environ 75 % des déchets traités feront l'objet d'une valorisation sous forme de matière, et 25 % sous forme énergétique.
La filière n'en est qu'à ses débuts. En France, 75 % des DEA professionnels devraient être recyclés par an d'ici à 2017, soit 450 000 tonnes. Valdelia, qui prend en charge gratuitement les déchets pour ses adhérents, compte 550 membres. Un chiffre qui devrait grimper à près de 2000 en fin d'année. La Semardel met au point une machine d'analyse de la composition physico-chimique du bois, afin, par exemple, de détecter les phtalates.