Encourager la collecte et la valorisation des emballages ménagers. Le credo d'Eco-Emballages, après l'extension des consignes de tri des plastiques, se concentre cette fois-ci sur l'aluminium. Et en particulier sur les petites fractions légères et souples, qui le plus souvent passent entre les mailles du filet. Dans l'hexagone, le taux de recyclage de l'aluminium ne s'élève qu'à 36 % (chiffres de 2011). Deux raisons principales : centres de tri insuffisamment équipés de courant de Foucault et oxydation des fractions légères dans les fours des affineurs. Résultat : une perte importante de métal dont la valeur commerciale reste pourtant élevée. Pour pallier ce gaspillage de matière, outre sa coopération avec le Celaa (Club de l'emballage léger en aluminium et en acier), Eco-Emballages vient de proposer aux pouvoirs publics la mise en place d'un standard expérimental sur l'aluminium souple (capsules, opercules, films…). L'idée : tester pendant trois ans, sur des centres de tri dotés de dispositifs adéquats, grâce à un soutien à la tonne, la viabilité d'une collecte et d'un traitement dédié à cette fraction métallique légère. « À ce jour, même si des quantités suffisantes étaient collectées, explique Carlos de los Llanos, directeur technique pour Eco-Emballages, cette matière devrait être préparée pour entrer dans les fours classiques d'affinage. Seule la pyrolyse peut traiter en l'état ce gisement, car opère sans oxygène. En l'absence de site opérationnel en France, il faudrait expédier cette matière en Allemagne ou en Italie ». Avant de se lancer dans la démarche, la filière souhaite en véri-fier la pertinence environnementale et économique. Une réponse des pouvoirs publics est attendue sous un mois. En parallèle, Eco-Emballages accompagne parmi d'autres acteurs de la filière, une étude technique conduite par le centre de R&D de Voreppe Constellium. Objectif : examiner la teneur des nodules de métaux non ferreux restant dans les mâchefers et les possibles pistes d'af-finage. Une synthèse sera publiée avant l'été.