Acier Inoxydable et alliages spéciaux
Invité par la division, Marcus Moll, fondateur de Steel & Metals Market Research, a rappelé que le marché des aciers inoxydables et des alliages spéciaux offrait peu de perspectives encourageantes, à l'exception des BRICS et tout particulièrement de l'Inde. Si les usines conservent pour l'instant des marges, moins importantes cependant qu'il y a quelques années, producteurs et distributeurs sont dans une situation difficile depuis 2007. « Le taux de profit est inférieur à 3 % pour l'ensemble de l'industrie, a-t-il estimé. Ce n'est pas tenable ». Des faillites sont donc à prévoir dans les prochaines années, avant une possible reprise de l'activité autour de 2015-2016. D'ici à 2020, les flux commerciaux du secteur vont se diriger de plus en plus vers l'Asie, la consommation chinoise tendant à augmenter tandis que celle de l'Europe devrait ralentir.
Métaux ferreux
Pour Christian Rubach, président de la division métaux ferreux, le protectionnisme national se développe dans le monde. Il mentionne pour exemple une mesure européenne visant à demander une certification obligatoire des installations de recyclage (aciérie, usines de pâte à papier etc.) hors de l'UE si les recycleurs européens veulent exporter leurs matières vers ces pays. « Ce n'est rien d'autre que du protectionnisme, et cela devrait avoir un très grand impact non seulement en Europe mais aussi dans le monde, puisque les prix de la ferraille d'acier risquent de baisser de 30 à 40 %. » Pour les Etats-Unis, Black Kelley a rappelé que les ventes d'acier sont au plus bas depuis janvier de cette année. Globalement, la production mondiale d'acier a augmenté de 1,4 % en avril, selon les chiffres de la World Steel Association. 49,7 % de cet acier ont été produits par la Chine, qui devrait se doter d'une capacité productive supplémentaire de 40 millions de tonnes métriques courant 2013. Selon Peter Marcus, de World Steel Dynamics, les perspectives pour 2014 sont « floues », mais les acteurs du secteur ne devraient pas perdre confiance, car « la ferraille, c'est de l'or. » Jason Sun, de l'entreprise chinoise Sinosteel Raw Materials, a mentionné la baisse de la consommation chinoise de ferraille d'acier pour la première fois en 2012.
Métaux non ferreux
Dans le secteur des métaux non ferreux, l'humeur n'est pas au beau fixe. « Les métaux ne sont plus vendus dans les volumes auxquels nous étions habitués dans la dernière décennie, et nos marges sont compressées. En bref, fournisseurs comme consommateurs ont du mal à gagner de l'argent », a résumé Robert Stein, président de la division. Et de fustiger les mesures protectionnistes prises par plusieurs gouvernements et contre lequel le BIR « lutte durement ». Mais la croissance économique en Chine et en Inde, où de nombreuses infrastructures doivent être construites et où la consommation de véhicules individuels - et donc d'aluminium - va augmenter laisse augurer « un avenir radieux pour notre industrie », estime-t-il. Xunmin Guo, vice-président de Dongying Fangyuan, importateur et producteur chinois de cuivre, a confirmé que la Chine aurait besoin de cuivre dans les années à venir, puisqu'elle dépend encore à 70 % du cuivre importé. Mais cette dépendance devrait se réduire car la production intérieure augmente, grâce au soutien du gouvernement qui a mis en place des parcs industriels pilotes. Autre mauvais signe pour les exportateurs, C.S Huang, PDG de Ye Chiu Taicang (Chine), a estimé qu'il était presque impossible de faire des profits avec de l'aluminium importé, ce qui conduit les acheteurs chinois à se tourner vers le marché intérieur.
Plastiques
« Un petit papillon en Chine a créé une tornade en Europe. » C'est ainsi que le président du comité plastiques, Surendra Borad, image le dispositif « Green Fence », appliqué depuis février. Les importations chinoises de plastique recyclé ont baissé de 5,5 % (à 2,4 millions de tonnes) sur les quatre premiers mois de l'année. Un coup dur pour des exportateurs habitués à une augmentation constante de la demande chinoise. Gregory Cardot (Véolia Propreté) a confirmé avoir observé « une évolution, voire une révolution » dans le secteur. En France et en Europe, après un premier trimestre assez stable, les prix du plastique brut ont baissé de 100 à 150 euros la tonne dans le dernier mois et demi. Les taux de collecte ont baissé de 15 à 20 % depuis l'année dernière. En conséquence, de nombreux recycleurs ou régénérateurs font faillite ou ne respectent pas les conditions et les délais de paiement. Aux Etats-Unis, les exportations ont baissé de 5 % en un an entre 2011 et 2012, en quantité comme en valeur. Cependant, le marché indien se porte bien, en dépit des restrictions sur les importations décidées par le gouvernement.
Comment s'enregistrer en Chine ?
Jin Jiede l'AQSIQ a fait un point sur la procédure que doivent suivre les exportateurs auprès de cette agence. Actuellement, 3 109 fournisseurs étrangers y sont répertoriés, et 120 devraient finaliser leur enregistrement en 2013. Il faut avoir une qualification reconnue dans son pays d'origine. L'inscription se fait d'abord sur le site Internet de l'AQSIQ, puis par courrier. Des dessins ou des photos présentant les installations doivent être joints au dossier, ainsi qu'un justificatif de respect des normes RIOS ou ISO 9001.
Attention, en cas d'erreur dans les informations signalées ou de changement, l'inscription doit être refaite. Tous les documents doivent être présentés en anglais et en chinois avec une traduction certifiée.
Textile
Klaus Löwer, président honoraire de la division présente la situation du secteur comme préoccupante puisque « le prix du brut de collecte a atteint des sommets ». En conséquence, « faire des bénéfices sur les vêtements triés est quasiment impossible ». Les stocks de vêtements triés se remplissent et sur certains marchés, aucune marchandise ne se revend, faute de débouchés. Medhi Zerroug, vice-président de la division, a fait un point sur la situation européenne. En France, la productivité des conteneurs a baissé de 15 % entre 2011 et 2012, et la collecte a également été mauvaise cette année en raison d'un hiver particulièrement long. Les collecteurs sont par ailleurs frappés par de nombreux vols de conteneurs. Alors que la demande d'original reste importante, les prix augmentent en conséquence. En Grande Bretagne, six collecteurs de textile ont fait faillite depuis le début de l'année, soit 10 % des acteurs du secteur. Invité de la division, Lin Shidong, de la Commission chinoise des fibres recyclées, a pour sa part exposé les carences du système de collecte chinois.
Papier - Carton
Le président de la division, Ranjit Baxi, a indiqué que 2013 serait sans doute une année de reprise de l'activité, après les fluctuations observées en 2011-2012. La collecte, la demande et la consommation de fibres sont en augmentation. Les prix des fibres recyclées n'ont cessé d'augmenter depuis janvier. M.Baxi n'a pas manqué de souligner que le dispositif chinois « Green Fence » est un défipour l'industrie du papier carton recyclé, l'obligeant à se concentrer d'avantage sur la qualité. Invité de la réunion, Alan Bog, manager commercial de l'opérateur portuaire Euroports Asia Terminals, a commenté l'augmentation des volumes transportables par des cargos et des infrastructures portuaires de plus grande capacité. Ce redéploiement logistique devrait entraîner une augmentation de la rentabilité. L'économiste chinoise Minnie Kong a fait le point sur l'état du secteur dans son pays. La Chine dépend encore à 40 % des importations, mais ce chiffre est en baisse (il était de 48 % en 2005) car le taux de collecte augmente. L'Asie restera tout de même le moteur du marché mondial dans les prochaines années.
Green Fence
Le dispositif « Green Fence » mis en place en février par l'administration générale des douanes chinoises est destiné à appliquer plus fermement les règlements en vigueur sur l'importation de matériaux recyclés. Pour Grégory Cardot, de Veolia Propreté, c'est d'abord une bonne chose pour l'environnement, mais c'est aussi une occasion pour les acteurs du secteur d'améliorer les techniques de tri et de contrôle qualité. Daniel Guillanton de Sita, a estimé lors du comité plastique qu'il s'agissait d'une occasion d'atteindre une meilleure qualité, et in fine de se rapprocher de la sortie du statut déchet, très importante pour l'industrie. Pour l'économiste Minnie Kong, invitée du comité Papier Cartons, le « Green Fence » est tout de même néfaste à court terme, et pose un problème pour les usines chinoises qui dépendent du papier recyclé. L'application de ce plan est censée prendre fin en novembre. Inutile de dire que nombre d'acteurs du recyclage attendent impatiemment de savoir s'il sera reconduit ou pas.