Les volumes de déchets ménagers polonais produits annuellement sont de l'ordre de 12 millions de tonnes auxquelles s'ajoutent quelque 25 millions de tonnes de déchets industriels. En 2011, les estimations de l'office statistique européen, Eurostat, montrent que chaque habitant génère 315 kg de déchets, 11 kg sont recyclés, 17 compostés. La marge est suffisamment importante pour aller vers une société plus vertueuse. La Commission européenne avait assigné le pays devant la Cour de justice de l'UE pour non-respect des délais de transposition de la directive-cadre déchets de 2008. La Pologne a donc pris ses dispositions et révisé ses textes le 1er janvier 2012 avec une loi entrée en vigueur le 1er juillet 2013. Elle confère aux communes l'entière responsabilité du tri, de l'enlèvement, du transport, du recyclage et de l'élimination des déchets municipaux. Le financement est assuré par une taxe communale. Les citoyens propriétaires de leurs déchets étaient responsables de leur collecte et de leur traitement. Les collecteurs, peu soucieux de recycler, envoyaient bien souvent ces déchets en décharges, légales ou non. Une partie des déchets industriels prenaient la même destination. Désormais, ce n'est pas à une révolution à laquelle on assiste mais le pays tente de rattraper son retard. Les municipalités ont désormais obligation d'organiser des appels d'offres publics pour la collecte et/ou le traitement des déchets municipaux. D'après l'Office de protection de la concurrence et des consommateurs (UOKiK), 62 % des communes sont propriétaires ou copropriétaires d'une société de collecte des ordures (à peine 29 % s'agissant des communes rurales) et 46 % possèdent au moins une installation pour la « gestion » des déchets, qui est généralement une décharge. Trois grands groupes allemands et deux français dominent le marché des déchets en Pologne : Remondis, Alba, Töensmeier, Sita et Veolia. Les fonds européens pour la période 2007-2013 sont de 67 milliards d'euros destinés aux investissements des infrastructures. Il s'agit de construire un système de collecte et de gestion des déchets qui soit réellement efficace localement, d'encourager le tri sélectif et le recyclage afin de répondre aux objectifs fixés par l'Union européenne. La tâche est d'importance puisqu'avec une production annuelle de quelque 12 millions de tonnes de déchets, les décharges ont longtemps été le principal exutoire. Une centaine d'entre elles, sur plus de 600 recensées, doivent être fermées, moyennant une sécurisation des sites fortement pollués. Le coût estimé à l'hectare est compris entre 250 000 et 300 000 euros. La taxe d'enfouissement instituée en 2008 a doublé. Elle est passée de 26 euros à 50 euros par tonne. Les autorités ont par ailleurs arrêté un programme de construction d'unités d'incinération dans une douzaine de grandes villes, mais il semble que la capitale ait été grandement oubliée. Varsovie ne dispose que d'une petite unité d'incinération qui n'absorbe que 6 % des déchets générés.