RR : En quoi Identiplast 2013 se démarque-t-elle des éditions précédentes ?
Michel Loubry: Nous sommes à un tournant réglementaire au niveau européen avec la révision de la directive-cadre déchets et emballages, et les préconisations sur la préservation des ressources. Depuis plusieurs années, PlasticsEurope, organisateur d'Identiplast, appelle les pouvoirs publics à trancher sur l'interdiction de mise en décharge pour les déchets valorisables et, en particulier, les déchets plastiques. Nous avons choisi d'inscrire notre objectif « Zéro plastique en décharge en 2020 » dans notre programme, car ici, il revêt une vraie dimension politique. La loi en France n'est toujours pas respectée. Nous souhaitons pour cette conférence moins de présentations sur les technologies – même si présentes en filigrane – et plus d'interventions d'envergure politique et socio-économique. Le Cese (Conseil économique, social et environnemental), théâtre de notre événement, n'est pas non plus un hasard. Nous serons en outre accueillis par le maître des lieux, Jean-Paul Delevoye.
RR : Comment avez-vous articulé la programmation ?
M.L. : À la différence des éditions précédentes, nous n'avons pas lancé d'appel à sujets. On a planché sur les thèmes que l'on souhaitait voir aborder et contacté les personnes que l'on voulait avoir comme intervenants. Après un passage en revue des modes de traitements possibles pour les plastiques, une large place sera consacrée à l'extension des consignes de tri. Les acteurs de la filière seront là pour en parler (Valorplast, Eco-Emballages). Et dans la salle, il y aura assurément des oreilles attentives appréciant la pertinence de l'action française. Plusieurs pays européens nous scrutent dans l'attente de se lancer à leur tour. Dans la foulée, nous insisterons sur la montée en gamme du recyclage tant sur le plan quantitatif que qualitatif. La feuille de route issue de la conférence environnementale va dans ce sens. Les autres valorisations ne sont pas oubliées. Nous clôturerons les débats sur la place réservée à la valorisation énergétique et le recyclage chimique. Une façon de dédiaboliser aussi le sujet en France.
RR : Le concept Identiplast doit-il évoluer ?
M. L. : Il est clair que les sujets d'ordre politique et sociétal doivent désormais s'associer à nos débats. Il faut trouver au sein de l'organisation un équilibre entre toutes les thématiques se rapportant à la valorisation des déchets plastiques. Quitte à élargir le champ d'origine consacré aux technologies de tri et de séparation des plastiques et à changer, à terme, le nom de cette conférence.