La réunion prévue mi-novembre au ministère de l'Écologie, après l'annulation de celle d'octobre, viendra-t-elle à bout de l'imbroglio autour des Dasri ? La filière de collecte des déchets d'activité de soins à risque infectieux des patients en autotraitement aurait dû démarrer avant le 30 septembre 2013. Las, aujourd'hui, les pharmaciens, les collectivités et l'éco-organisme Dastri s'affrontent sur la répartition des points de collecte. Avant la création de la filière, un réseau volontaire couvrant plus ou moins la moitié de la France fonctionnait déjà. Incluant des déchèteries et des laboratoires de biologie médicale, il se révèle à certains endroits plus dense que ne l'impose le cahier des charges de l'agrément (5 000 points de collecte, avec un maillage de 15 km ou 50 000 habitants). L'éco-organisme peut légalement supprimer des points de collecte dans certaines zones surdotées. Mais les 22 500 pharmacies d'officine font bloc. Soit elles font toutes parties du réseau, soit aucune ne collectera les Dasri ! « Il est financièrement possible pour Dastri d'intégrer la totalité des officines. Si on se base sur les réseaux locaux existants, le coût total, avec l'hypothèse que 70 % des pharmacies d'officine soient volontaires, se situe entre 4,25 et 5,95 millions d'euros. Donc tout à fait compatible avec le budget de 10 millions prévu », calcule Gilles Bonnefond, président d'un des syndicats de pharmaciens, l'Uspo. En attendant, le réseau d'appoint mis en place par les collectivités (1 000 points de collecte) est en train de devenir le dispositif principal. « Sachant qu'aucun soutien n'est prévu pour les collectivités, nous ne sommes pas loin de leur recommander de se retirer de cette REP », s'insurge Nicolas Garnier, délégué général de l'association Amorce.