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Le mur antibruit se fait tout petit

LA RÉDACTION, LE 1er NOVEMBRE 2013
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Vraiment diminuer le bruit en ville sans Sur le marché devoir ériger un énorme mur de plusieurs mètres  ? C'est possible, répondent les 13 partenaires1 d'une récente expérience menée à Lyon dans le cadre du projet européen Hosanna. Doté de 3,9 millions d'euros, il a pour objectif la réduction des nuisances sonores urbaines par des moyens autres que l'isolation des bâtiments. Le long du très fréquenté quai Fulchiron (entre 10 000 et 15 000 véhicules l'empruntent chaque jour), un mur végétal de seulement un mètre de haut a suffi à abaisser le niveau sonore de 68 à 63 décibels en moyenne pour le piéton. « C'est cette moyenne qu'il faut retenir. Les relevés varient légèrement en fonction du jour où ils sont effec­ tués et de la hauteur du point de mesure, 1,20 ou 1,60 mètre, cor­ respondant respectivement aux positions assises et debout », souligne Bruno Vincent, directeur d'Acoucité, l'association lyonnaise à but d'observatoire de l'environnement sonore urbain, le pilote opérationnel de l'expérimentation. « L'écran antibruit fait passer le niveau sonore sous les 65 dB, consi­ dérés comme le seuil de tolérance des nuisances sonores », relève René Rohr, professeur émérite à Lyon-1 intervenu dans le projet comme consultant. « L'efficacité a été démontrée pour l'objectif précis recherché : protéger le piéton et le cycliste du bruit et garder l'axe sûr en ne bouchant pas la vue d'un enfant en âge de circuler à vélo ou seul à pied », confirme Jérôme Defrance, responsable de la division acoustique environnementale et urbaine au CSTB, autre partenaire d'Hosanna. l'écran était posé en bordure de la chaussée, sur le trottoir. Les mesures ont été effectuées à 2 mètres en arrière. Acoucité a doublé les relevés chiffrés d'une enquête de perception auprès des passants, selon une méthodologie bien éprouvée. Sur une échelle de 1 à 10, le degré de bruyance passe de 8 à 4 après la pose de l'écran. « La littérature scientifique pos­ tule qu'un écart de 5 décibels divise par deux la perception du bruit : notre expérience apporte la confirmation de terrain », observe Bruno Vincent. En revanche, la proportion de riverains estimant l'environnement sonore agréable, s'il progresse, reste néanmoins à un faible niveau (20 %). Le quai demeure perçu comme bruyant, ce qui n'est pas une surprise pour les partenaires du projet. L'écran végétal comprend 1 328 plantes appartenant à dix espèces. Élément déterminant pour l'absorption du bruit, son substrat se compose d'un mélange de fibre de coco recyclée et de perlite, une roche volcanique siliceuse expansée à haute température. L'ouvrage représente un coût de 1 000 euros le mètre carré. Son épaisseur est de 40 centimètres et sa longueur de 14 mètres, considérée comme un maximum réaliste en ville : « On est vite arrêté par un élément de mobilier urbain », rappelle Bruno Vincent. Ce type d'équipement nécessitera une maintenance. « L'expérience confirme que plus on rapproche l'écran de la source du bruit, plus sa hauteur peut demeurer réduite. Péren­ niser un tel ouvrage implique de lui adjoindre une installation minimale de maintenance, par exemple un petit local technique avec électrovannes, sondes d'hu­ midité et régulateur de l'arrivée d'eau nécessaire aux plantes. Ce qui induit du coup une hausse des coûts de fonctionnement, alors que l'investissement initial est réduit, notamment par le recours à des matériaux recy­ clés », précise René Rohr. Les porteurs du projet appellent à renouveler de telles expérimentations pour confirmer et affiner les conclusions… avec la pleine conscience que les écrans en matériaux recyclés et naturels viennent tailler des croupières aux industriels promoteurs de solutions en béton. l


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