Outre le système D, dénudeurs et granulateurs sont les outils maîtres pour le recyclage des câbles. La finalité, quelle que soit la technique choisie, consiste à récupérer le cuivre, dont les cours demeurent élevés, ou l'aluminium.
Le dénudage d'un câble est une opération mécanique qui vise à retirer le fil de métal de la gaine qui l'entoure. « Il n'y a pas 36 manières de faire. On entre le câble dans la machine et on l'épluche !», résume Lucien Jacquot de Projac qui distribue les dénudeurs Striptec de JMC. On trouve différents modèles de dénudeurs sur le marché. Un même outil peut faire appel à plusieurs technologies selon la section des câbles à traiter. « Ainsi, récapitule Laurent Zinsch, de la société LC Technologies qui commercialise les dénudeurs du Hollandais Bronneberg, on procède par écrasement pour les câbles de petites sections tandis que pour les plus gros, la gaine est découpée avec une ou deux lames selon la section du câble et sa composition ». Les efforts des fabricants portent sur la sécurité avec, par exemple, des systèmes d'arrêt immédiat de la machine en cas de difficultés. La deuxième technique employée consiste en un broyage des câbles suivi d'une séparation des matériaux broyés. Elle fait appel à des installations plus complexes, des cellules composées au minimum d'un granulateur et d'une table de séparation. Les métaux sont broyés en mélange avec la gaine isolante. Selon les types de matériels utilisés, l'étape de séparation est plus ou moins poussée et optimisée, avec des taux de récupération variables. MTB (Trept, Isère), à la fois fabricant de machines et exploitant – parmi les plus importants recycleurs de câbles au monde – se distingue nettement avec d'imposantes installations qui affichent des débits grimpant à 10 tonnes par heure. « Nous recyclons l'ensemble des câbles existants (cuivre, aluminium, armés, plombés, souterrains, télécom, sous-marins, très haute tension, gras, etc.). Les quatre étapes de notre procédé sont 100 % mécaniques et permettent d'obtenir au final des métaux purs jusqu'à 99,9 % », assure MTB. Une poignée d'autres acteurs propose des solutions fiables aux recycleurs positionnés sur les câbles.
Diamètre, nature et volumes à traiter sont déterminants dans le choix des outils qui, au final, s'avèrent très complémentaires. Pas de règle générale mais pour faire simple, le dénudeur, qui traite, selon les modèles, de 15 à 50 mètres par minute, est particulièrement bien adapté aux petits volumes et aux câbles de grosses sections riches en cuivre. Et le broyeur l'emporte dès que les volumes sont importants. À noter que pour les câbles de grosses sections qui passent au broyeur, un pré-broyeur est le bienvenu en amont de la cellule de granulation. « Et face à des câbles de très gros diamètres, un bon dénudeur fait très bien l'affaire ! », complète Laurent Zinsch. Dans la mesure où les récupérateurs traitent des produits de différentes natures, il est très courant qu'ils s'équipent d'un dénudeur même s'ils possèdent un broyeur. « Vu la valeur du cuivre sur le marché, le retour sur investissement d'un dénudeur (dont les prix s'échelonnent de 2 000 € à plus de 10 000 €, alors qu'il faut compter de 25 000 € à 300 000 € pour une unité de broyage selon les indications des distributeurs) est incomparable », notent les acteurs interrogés.