La démolition ou déconstruction d'un bâtiment s'effectue en plusieurs étapes. Pour faciliter le recyclage en aval des différents matériaux, celui des bétons en particulier, l'idée est de les séparer au fur et à mesure de la déconstruction de l'ouvrage. Ainsi, avant la démolition proprement dite, et une fois accomplies les opérations de dépollution qui s'imposent (désamiantage par exemple), un curage préventif est préconisé.
Concrètement, il s'agit de procéder au retrait des huisseries en bois et métalliques, des poutres et autres éléments de décor (faux plafonds, faux planchers), des cloisons extérieures avant de s'attaquer à la structure elle-même. Les engins, mini-engins, et les accessoires qui leur sont associés, tiennent une place très importante dans l'univers de la démolition puisque, d'une manière générale, les différentes opérations sont très mécanisées. Caterpillar, Liebherr, Komatsu, Hyundai, Case, Hitachi, Volvo : tous les constructeurs de pelles et chargeuses (sur chenilles ou pneus), mais aussi de mini-pelles pour travailler dans les endroits les plus exigus, sont très actifs sur le terrain.
Des améliorations permanentes
Les professionnels des TP ont l'embarras du choix. Pour déconstruire des immeubles de plusieurs étages, les pelles sont dotées de grands bras (20 à 30 mètres en moyenne). Et ces dernières années, ils sont devenus toujours plus longs, s'élevant parfois à des hauteurs vertigineuses. Dans les zones sensibles ou dans le cas de certaines démolitions, les pelles peuvent être équipées de brumisateurs sur le bras de levage pour éviter la dispersion des poussières. Les constructeurs améliorent sans cesse leurs engins. Parmi les nouvelles machines proposées sur le marché, on peut citer l'arrivée depuis juillet 2013 chez le constructeur britannique JCB d'une pelle de démolition haute portée, la JS360 XD HRD, mise au point en collaboration avec le spécialiste des équipements, britannique lui aussi, Kocurek. Elle est une illustration, parmi tant d'autres, des différentes améliorations qui peuvent être apportées sur une machine pour répondre aux attentes du terrain.
Inspiré du modèle éprouvé JS360 XD, cette version spécialisée pour la démolition – elle possède une configura-tion de flèche modulaire, une cabine inclinable, un contrepoids supplémentaire et une protection complète contre les chocs – a nécessité d'importants travaux de développement, soulignent les deux constructeurs. « Polyvalente, elle permet aux opérateurs de sélectionner, rapidement et en toute sécurité, la configuration de flèche optimale pour chaque tâche de démolition. Elle peut être associée aussi bien à une flèche de démolition haute portée à trois éléments de 21 mètres qu'à une flèche de terrassement pour les opérations réalisées à un niveau inférieur ou pour les travaux intensifs. Capable de supporter des équipements offrant jusqu'à 2,5 tonnes de capacité, la machine se distingue néanmoins par une stabilité inégalée dans sa classe de poids », se félicite-t-on chez JCB.
La machine a également été enrichie d'une cabine à inclinaison hydraulique « qui offre une visibilité optimale sur l'équipement grâce à un large pare-brise et ce, même lors des opérations à pleine hauteur. Un pack de sécurité complet garantit au personnel et à la machine une protection maximale sur les chantiers ». Il comprend un cadre de protection, une protection des vérins, des guide-chaînes, des contrepoids supplémentaires et un système de protection contre les impacts latéraux. La machine est également dotée d'un système de surveillance de la stabilité Prolec, qui génère des alertes visuelles et sonores lorsqu'elle approche des limites de son périmètre de sécurité.
Une grande variété d'outils de démolition
Croc à béton et cisaille à ferrailles, godet et pince de tri : à chaque étape de la démolition correspondent des équipements adaptés que l'on va relier à la pelle. S'il existe différentes techniques de démolition, l'une des plus répandues en milieu urbain est celle effectuée à la cisaille à ferrailles et/ ou à béton. Pour la démolition primaire, qui consiste à abattre le bâtiment, le casser et le couper en très gros morceaux, on utilise, selon la nature de l'édifice, des cisailles universelles (pour des ouvrages en béton et ferrailles), des broyeurs primaires à béton et/ou des cisailles à ferrailles. Dans le cadre de la démolition secondaire, pour trier les matériaux au sol, le broyeur à béton monté sur la pelle permet de désassembler les ferrailles des bétons. Quant au BRH (brise-roche hydraulique), il s'attaque, à la manière d'un marteau-piqueur, à la démolition de maçonneries très compactes de béton.
Les fabricants déclinent des gammes plus ou moins étendues d'outils. Et la plupart des grandes marques sont commercialisées en France même si, dans ce domaine, on trouve très peu de constructeurs français et d'outils fabriqués dans l'Hexagone. Parmi ceux qui font référence, on peut citer les cisailles de l'entreprise Arden Equipment, ancrée dans les Ardennes, tout comme les incontournables brise-roche de Montabert, basée à Saint-Priest, près de Lyon. Ce constructeur a lancé l'an dernier un nouveau brise-roche moyenne gamme, destiné à la démolition, aux travaux routiers et de voirie. Adapté à des porteurs de 8 à 18 tonnes, il développe une grande puissance pour un poids allégé et génère des économies de carburant et de fonctionnement. Il a été entièrement conçu et fabriqué dans le Rhône.
À l'instar des engins porteurs, les professionnels des TP sont rarement attachés à une marque particulière, mais trouvent chez différents fabricants les outils qui leur conviennent le mieux. Et, là encore, l'offre est riche, entre la large palette d'équipements du japonais NPK, qui compte une filiale française, les gammes développées par Demarec, MBI (Mantovanibenne), Verachtert (distribué en France par Bergerat Monnayeur concessionnaire exclusif de la marque Caterpillar), Ardennes Tech qui, en plus de ses outils, distribue en exclusivité la fameuse cisaille Bounty. La liste n'est pas exhaustive !
Techniquement, les tendances observées ces dernières années se confirment. Les matériels se font plus grands, plus rapides pour davantage de productivité et de performances. Et les différents fabricants continuent à travailler dans le sens d'une plus grande polyvalence et de la modularité de certains de leurs équipements : le corps d'un même outil pouvant accueillir différents kits de mâchoires – cisaille à ferraille, à béton, broyeur à béton – en fonction de la mission à exécuter. Le marché est riche d'innovations, les fabricants améliorant sans cesse leur gamme. En guise d'exemple, citons VTN, distribué en France par JM Equipement, qui en 2013 a lancé plusieurs produits : une nouvelle génération de pinces de tri MD « plus performantes », une gamme de cisailles dont le premier modèle, la CI3000 pour des pelles de 28 à 38 tonnes a été présenté en avant-première lors du salon Bauma 2013 de Munich (Allemagne). Elle dispose de couteaux complètement revus dans leurs dimensions et leur forme, qui « améliorent la coupe et réduisent les contraintes sur la cisaille », ainsi qu'une plus grande profondeur de la mâchoire et les angles d'inclinaison de coupe différents, qui « accroissent le rendement et optimisent la prise et le relâchement du matériel ». Cette gamme s'est élargie avec la mise sur le marché d'un second modèle, la CI4500, pour des pelles de 38 à 55 tonnes. Enfin, dernière-née de la gamme VTN d'équipements de démolition, « la CK16, première pince multifonction avec un système breveté de changement de mâchoires totalement automatique ». Conçue pour des pelles de 21 à 35 tonnes, elle est disponible avec quatre types de mâchoires différentes : broyeur, cisaille, combi et spéciale.
Concasseurs et cribleurs pour inertes
Issus directement du monde des carriers – dont certains recyclent eux aussi les déchets inertes –, les concasseurs et cribleurs utilisés pour le recyclage sont généralement de gabarit plus modeste. En outre, à la différence des grosses installations fixes, les machines sont souvent mobiles. Dans tous les cas, les opérations de transformation exigent plusieurs étapes de concassage (primaire et secondaire) et de criblage, en passant par une incontournable phase de déferraillage. Si les techniques sont arrivées à maturité, cela n'empêche pas d'innover. En témoignent les nombreuses machines présentées lors du Bauma de Munich l'an dernier. Les grands acteurs sont clairement identifiés et reconnus. Parmi eux, on citera Sandvik, Keestrack OM, Wirtgen et ses concasseurs à percussions Kleemann, et surtout le groupe Terex, avec ses marques Finlay et Powerscreen, qui raflerait à lui seul la moitié des ventes de machines mobiles en France. Ce constructeur a développé, entre autres, de nouveaux cribleurs comme le modèle Terex Finlay 863, « cribleur ultrarobuste mobile sur chenilles, compact, efficace et dirigé vers l'avant ». Cet équipement flexible et mobile peut être utilisé pour les granulats, le sable, le gravier et la terre arable, ainsi que sur les chantiers de démolition et dans les applications de recyclage, où l'espace disponible constitue un paramètre essentiel. « Entièrement autonome, l'équipement se replie grâce à des commandes hydrauliques et se montre prêt à être transporté en moins d'une heure.» Il offre une capacité de traitement de 250 tonnes par heure. Il peut être alimenté par une pelle excavatrice ou par un concasseur mobile sur chenilles. En partenariat avec le constructeur Spaleck, Terex Finlay a également mis au point une machine compacte facilement transpor table « conçue pour permettre une installation et un démontage rapides ». Ce nouveau crible dispose de deux grands étages inclinés de 4,3 m x 1,7 m. « Cette grande surface permet d'atteindre des performances et des capacités de criblage exceptionnelles. Le cribleur est équipé de coins de serrage rapide sur l'étage supérieur, de trappes d'accès et d'un système de tension hydraulique à l'étage inférieur pour minimiser les délais de changement de grille. Les quatre convoyeurs de décharge sont ajustables et rabattables hydrauliquement pour le transport.» Ce matériel est distribué en France par la société Ressor qui, dans son catalogue très fourni de matériels spécialisés pour le recyclage, propose d'autres équipements destinés aux déchets de chantier.
C'est le cas de la nouvelle gamme de séparateurs aérauliques mobiles élaborée par le fabricant allemand de convoyeurs et de séparateurs Westeria, à savoir l'Airtrack I, « un séparateur aéraulique autonome, avec un nouveau design et une nouvelle soufflerie ». Ce modèle prend place dans la gamme aux côtés de l'Airtrack II, un nouveau séparateur aéraulique à overband intégré, destiné à l'extraction des plastiques et à une séparation finale en quatre fractions. On citera également l'Airbasic, l'aéraulique de chantier en version allégée.