Serge Bardy, député du Maine-et-Loire, poursuivra ses travaux sereinement jusqu'au 9 juillet prochain, ayant obtenu par lettre de mission du nouveau gouvernement, les encouragements dans ce sens. Depuis le début de l'année, le parlementaire et son équipe travaillent sur l'état des lieux de la filière papier et des solutions de développement pour le recyclage. À ce jour, 55 auditions ont été réalisées ainsi qu'une dizaine de visites de sites papetiers. À mi-parcours de ces travaux, Serge Bardy a dévoilé quelques pistes, non définitives, à valider d'ici au mois de juin. Premier constat relevé par le député : « La filière du papier graphique est complexe et il faut dépasser le jeu d'acteurs pour se focaliser sur les enjeux. » Et d'ajouter pour nuancer ses propos : « Jusqu'à présent, l'industrie en général évolue dans une économie linéaire mais la filière papier se prête particulièrement bien à l'économie circulaire. » Pour consolider cette pratique, plusieurs leviers doivent être enclenchés. Parmi les pistes évoquées : le tri à la source pour les gros producteurs de vieux papiers pourrait s'accompagner d'une pédagogie au tri, assurant une meilleure qualité du papier à recycler ; la collecte doit être synonyme de rentabilité (via le développement de l'apport volontaire). Autre piste, celle de la proximité en promouvant les boucles courtes ; gage de gain économique, d'accès au gisement et de sécurisation des approvisionnements. En aval, la commande publique doit jouer un rôle crucial pour encourager la consommation de papier recyclé (en généralisant par exemple la fabrication des livres scolaires avec du papier recyclé). La pérennité de cette filière dépend également de ses investissements. L'aide publique doit être plus présente pour assurer la compétitivité de cette industrie : un fonds de garantie serait à l'étude pour pallier le risque d'insolvabilité des papetiers. Par ailleurs, le foisonnement des labels pourrait être simplifié. Le volet « coûts » semble être stratégique pour les papetiers qui veulent continuer de payer le vieux papier moins cher que la fibre vierge. Serge Bardy et son équipe veilleront à anticiper autant que possible tout effet pervers, découlant de leurs propositions. La prochaine étape du chantier s'intéresse aux acteurs de l'emballage dont les enjeux économiques, d'approvisionnement et sur le plan qualitatif diffèrent à bien des égards.