Différentes solutions sont proposées sur le marché pour sécuriser les sites contre l'intrusion de personnes malveillantes : gardiennage, caméras de vidéosurveillance et autres détecteurs extérieurs se conjuguent le plus souvent pour offrir la protection la plus efficace possible. Réputée très fiable, la détection périmétrique d'intrusion ne compte qu'une poignée d'acteurs reconnus dans le monde… C'est le cas du canadien Senstar, qui maîtrise plusieurs technologies, ainsi que du japonais Optex, qui propose une très large gamme de solutions de détection ayant forgé leur réputation, notamment sur des sites très sensibles. Barrières infrarouges, détection volumétrique, détection sur clôture, Optex propose une gamme de protection sur fibre optique périmétrique.
À Vaulx-en-Velin près de Lyon, la société Sorhea (Société rhodanienne d'électronique appliquée), créée il y a plus de vingt-cinq ans par Yves Monneret, et reprise fin 2012 par Éric Thord, alors directeur général, est l'une des rares PME (quarante-cinq personnes) ayant réussi à se hisser parmi les acteurs qui comptent sur le marché international de la sécurité. « Nous développons toutes sortes de détecteurs extérieurs qui protègent l'ensemble du site », résume Éric Thord. Ses solutions sont distribuées en Europe, au Moyen-Orient et au Maghreb, et également sur le continent américain. Sorhea a récemment franchi une étape en rachetant une petite société de vingt personnes, Protech, ancrée à Reno dans le Nevada (États-Unis), spécialisée dans les capteurs d'intrusion double technologie en extérieur. À Vaulx-en-Velin, Sorhea possède son propre bureau d'études. Si ses matériels ne sont pas vendus en direct aux clients finaux, Éric Thord sait que plusieurs de ses solutions ont trouvé leur place dans le monde du recyclage et de la récupération (cf. : les intégrateurs, partie utilisateurs), les sites des ferrailleurs en particulier, particulièrement exposés. Parmi les solutions les mieux adaptées à cet univers, l'équipe de Sorhea préconise, pour les sites clôturés, la G-Fence, qui repose sur la technologie de détection de chocs grâce à un câble détecteur. « Concrètement, résume Éric Thord, nous installons sur la clôture un câble sensible à la coupure, l'escalade ou l'arrachement des panneaux de clôture. Celui-ci est composé d'un ensemble de capteurs répartis de façon homogène. Chaque capteur a pour fonction de détecter les variations de mouvements du support sur lequel il est installé. Il possède son propre algorithme de traitement du signal et dialogue avec l'unité de gestion à laquelle il est raccordé. » Cette « intelligence » répartie sur toute la longueur du câble, conjuguée au traitement embarqué dans chaque unité de gestion, permet la localisation de l'intrusion et de la coupure à moins de 3 mètres. Parmi les atouts de ce type de solution, on note sa facilité de mise en œuvre (pas de travaux lourds de génie civil) et son insensibilité aux perturbations météorologiques tels que le vent, la pluie, les vibrations parasites (véhicule, etc.), responsables des déclenchements intempestifs d'alarmes.
Ces différents fabricants proposent par ailleurs des barrières infrarouges dont le principe technologique repose sur l'émission, puis la réception d'un faisceau invisible à l'œil nu. « Si la barrière infrarouge est moins sujette aux alarmes intempestives, et permet une détection très fine, elle nécessite en revanche une bande bien dégagée tout autour du site, puisque le système est installé à 30 centimètres de la clôture, sinon le rayon est coupé », souligne Éric Thord. Autrement dit, il faut que le site soit très bien entretenu, que l'herbe soit bien coupée, ce qui n'est pas le cas sur tous les chantiers…
Parmi les autres techniques participant à la protection des sites de recyclage : les détecteurs à double technologie qui associent un capteur à infrarouge passif (détection des variations de température) et un capteur hyperfréquence à effet Doppler (détection des mouvements par analyse des différences de fréquence), l'association de ces deux technologies ayant pour but d'augmenter la fiabilité de la détection.
Dispositifs dissuasifs
L'une des solutions pour lutter contre le vol du contenu des bennes est de les sécuriser le mieux possible. Bien qu'aucun système ne soit, dans l'absolu, totalement inviolable face à des voleurs très déterminés, certains fabricants de conteneurs imaginent des dispositifs pour le moins dissuasifs. C'est le cas de Matex, concepteur et constructeur de bennes amovibles et de compacteurs à déchets dans les Deux-Sèvres, qui a innové l'année dernière en lançant sur le marché une benne dont l'ouverture du capot est sécurisée grâce à un système antivol breveté. « Concrètement, sous le capot passe une sorte de tringle qui vient bloquer la serrure, un peu comme une serrure à trois points », explique Benoît Crépin, directeur commercial de Matex, sans dévoiler les subtilités de ce système breveté. Ainsi, personne ne peut s'engouffrer à l'intérieur de la benne, avec les risques d'accidents que l'on imagine ! Selon les besoins, la benne peut s'ouvrir soit par la gauche, soit par la droite. Et, pour l'ouvrir, plusieurs options sont possibles : pompe manuelle extérieure et démontable ; serrure anti-vandalisme (protection pompe manuelle électrique) ; pompe manuelle interne protégée ; pompe électrique sur batterie. « Quelques déchetteries et ferrailleurs l'ont déjà adoptée », indique Benoît Crépin, qui met également en avant, en matière de sécurité des hommes et des installations, une benne Matex 100 % garantie Atex, qui peut trouver sa place dans certaines activités liées à la récupération. La réglementation sur les atmosphères explosives demande en effet à tout chef d'établissement de maîtriser les risques relatifs à l'explosion. « L'atmosphère explosive, sous forme d'un nuage de poussière combustible, se trouve dans un système d'aspiration en circuit fermé. Le risque zéro n'existe pas et une vis, un écrou, une plaque métallique peut se trouver par accident dans le circuit et, avec la vitesse et les chocs, déclencher des étincelles et être à l'origine de l'explosion. La benne Atex, avec ses évents, fait tomber la pression instantanément et évite ainsi l'explosion. L'objectif est de protéger les hommes et les installations », explique Benoît Crépin.
Contre le vol des bennes complètes, contenant et contenu, un phénomène en hausse selon différents observateurs, la société Prodomo (Paris) de Jean-Luc Dorel, qui a forgé sa réputation dans le domaine de la lutte contre les vols sur les chantiers du BTP (protection électronique temporaire des engins, des échafaudages et du patrimoine vacant), promeut en exclusivité, en France, une solution innovante développée par AgoraBee, une société suisse. Nommé ChisFleet, ce dispositif permet aux gestionnaires de bennes d'identifier et de localiser leur parc de contenants, grâce à des tags (des puces RFID) installés sur les parois. « La précision de la localisation des bennes est excellente. L'application en ligne permet de visualiser les bennes et camions sur une carte et indique leurs adresses. Repérer une benne malencontreusement déplacée devient possible tout comme en suivre ses déplacements », synthétise Jean-Luc Dorel.
Incendies : les systèmes de détection
Le groupe américain Tyco est l'un des leaders de la protection incendie dans le monde. À la fois fabricant et installateur de ses produits, Tyco en assure également la maintenance. Le groupe compte une filiale française, Tyco Fire & Integrated Solutions (TFIS), qui emploie plus de six cents personnes réparties entre le siège dans les Yvelines, à Montigny-le-Bretonneux, et différentes agences à Lesquin (59), Chassieu (69) et Blagnac (31). Dynamique sur plusieurs domaines – les sprinklers (système d'extinction avec une tête contenant une ampoule ou un fusible qui éclate sous l'effet de la chaleur dégagée par un début d'incendie), les systèmes d'extinction par gaz, les risques spéciaux (extinction par mousse et par déluge) –, Tyco France veut monter en puissance sur la détection. Responsable de ces produits, Manuel Pinheiro recommande toute la gamme Zettler, qui compte des détecteurs, des déclencheurs manuels, des organes intermédiaires… « Nous travaillons depuis des années sur des solutions pointues et innovantes afin de détecter un départ de feu au plus tôt, dès l'état de feu couvant, tout en prévenant le risque de fausses alarmes intempestives », résume-t-il. Sur le terrain, différents détecteurs peuvent se compléter : détecteurs optiques de fumée disposant de deux niveaux de sensibilité, aidés par un capteur thermique ou par un capteur de CO ; détecteurs de chaleur, de flamme infrarouge insensible aux rayonnements solaires ou triple bande, pour se prémunir des fausses alarmes ; déclencheurs manuels d'intérieur… Tyco propose également toute une gamme Atex pour les sites industriels. Enfin, le fabricant propose ses systèmes Vesda : des détecteurs de fumée par aspiration à alerte très précoce conçus pour la protection de zones critiques. « La technologie laser utilisée par Vesda offre l'avantage de réaliser de la détection de fumée haute sensibilité ou très haute sensibilité. Ces détecteurs fonctionnent en prélevant continuellement de l'air à travers des orifices au moyen d'un réseau aéraulique à base de tubes », souligne le fabricant. L'air prélevé est filtré et dirigé dans une chambre d'analyse où la technologie laser par dispersion de lumière détecte la présence de fumée même réduite. Cette gamme se compose de quatre principaux produits. Le Vesda Laser dispose de quatre réseaux de prélèvement indépendants et avec une large plage de sensibilité « lui conférant une performance optimale quelle que soit la configuration du réseau aéraulique ». Le VLF est le « premier détecteur de fumée équipé de capteurs de débit à ultrasons, une particularité qui le rend insensible aux variations de température, ainsi qu'à la poussière et permet un prélèvement direct dans la zone ». De quoi répondre à toutes les situations.