Eco-systèmes et son prestataire Veolia viennent d'inaugurer une boucle logistique fluviale pour acheminer un millier de tonnes de gros électroménager (GEM) froid et plus de 2 200 tonnes de petits appareils électriques (PAM) par an, collectés dans l'Eure et la Seine-Maritime, en vue de leur traitement en Île-de-France, respectivement chez Corepa (Derichebourg) à Bruyères-sur-Oise et Triade (Veolia Propreté) à Gonesse. Au sein de ce dispositif, le commissionnaire de transport Fluveo réalise une rotation par semaine pour Veolia qui a créé cette coentreprise avec Marfret, compagnie maritime. Dans le sens Rouen-Gennevilliers, Eco-systèmes a recours à ces conteneurs utilisés jusqu'à présent en sous-capacité par UPM pour approvisionner des imprimeurs franciliens en bobines de papier neuves. Dans le sens Gennevilliers-Rouen, Marfret transporte déjà depuis 2008 pour UPM quelque 37 500 tonnes par an de balles de papiers à recycler, récupérées en majorité auprès du Syctom de l'agglomération parisienne. L'éco-organisme Valdelia participe aussi à l'initiative et prévoit de transporter, en 2015, environ 3 000 tonnes de mobilier professionnel usagé de catégorie « assises » (fauteuils, chaises…), collectées en Île-de-France et traitées sur un site rouennais de Veolia.
L'éco-organisme des DEEE recourt à des conteneurs intermodaux et, de ce fait, « nous ne sommes pas obligés d'avoir des sites en bord de voie d'eau », commente Gilles Daenan, responsable de la logistique chez Eco-systèmes. Des conteneurs de 45 pieds, utilisés pour le GEM froid, sont partagés avec UPM, et d'autres, de 40 pieds, pour le PAM en vrac, servent aussi à Valdelia pour les meubles usagés. « Le conteneur de 45 pieds a les mêmes dimensions que les remorques que nous utilisions en transport routier, poursuit Gilles Daenan. Nous n'avons pas eu à réaménager de site pour charger les conteneurs. » Le bilan de l'opération en termes de coûts reste à consolider. Eco-systèmes avance un gain de 3 à 5 % sur son budget transport. Selon son responsable, « l'ensemble du montage, basé sur le modèle du transport à la demande, sans engagement sur les volumes, nous permet d'optimiser les coûts et de les rendre concurrentiels par rapport à la route ». Selon Valdelia, « il est trop tôt pour connaître le bénéfice, la différence entre ces deux modes de transport ». André Poiret, expert logistique d'UPM Chapelle Darblay, préfère raisonner de manière globale : « De bout en bout, de Gennevilliers à Rouen, le transport fluvial en 45 pieds présente un surcoût de 40 % par rapport à la route, en raison notamment des frais de manutention. Mais nous bénéficions d'un contrat de long terme avec le Syctom, avec un approvisionnement continu de proximité en marchandise dont la qualité est adaptée à nos process. » UPM prévoit d'évaluer les gains de productivité du transport de ses flux avec Marfret de manière rétroactive. Chrystelle Carroy