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La réparation saisit l'occasion

LA RÉDACTION, LE 1er JANVIER 2016
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Développer l'emploi des pièces détachées d'occasion, c'est toute l'ambition de l'expérimentation qui débute ces jours-ci dans la filière des gros appareils élec-troménagers de trois sites du réseau Envie. « Envie travaille sur ce projet depuis longtemps. C'est le prolongement normal de notre activité », indique Anémone Berès, présidente du réseau Envie. « La réparation est un axe de réflexion important pour notre fédération de l'industrie de l'électroménager. L'enjeu est de la rendre plus facile et moins chère », abonde Camille Beurdeley, déléguée générale du Gifam. Une étude demandée par l'Ademe et le Gifam en 2012 pointait du doigt la question centrale : le coût de la réparation, élevé par rapport à l'acquisition d'un produit neuf, en raison de la main-d'œuvre, des frais de déplacement et d'une TVA à 20 %. Au final, la pièce de rechange ne constitue que 40 % du montant de l'opération. Une addition qui se révèle vite salée et incite souvent le consommateur à préférer acheter du neuf plutôt que faire remettre en état l'ancien. « La marge de manœuvre pour baisser le coût de la réparation est étroite », constate Camille Beurdeley. Sauf à faire appel à des pièces de rechange d'occasion. Avec un coût inférieur de moitié à celui de la pièce neuve, la filière pourrait être rentable. Pour passer à l'action, l'Ademe et le Gifam ont commandé une seconde étude, réalisée par RDC Environnement et KPMG et achevée en juillet 2015. Elle détaille les conditions de réussite d'une telle filière. Et en premier lieu, elle recommande de s'appuyer sur le réseau existant. En effet, la filière est déjà bien structurée, avec des éco-organismes qui assurent la collecte des appareils usagés des particuliers, le réseau Envie (notamment) qui se charge du diagnostic et de la réparation, et une plateforme de commande des pièces de rechange pour les professionnels, Agora. « Les cinquante entreprises du réseau Envie collectent au plan national un tiers des DEEE, et la moitié d'entre elles ont une activité de réemploi et de réutilisation », explique Anémone Berès. Envie au réseau des réparateurs professionnels. Un travail similaire a déjà été mené par le CNPA dans le secteur automobile pour les pièces de rechange d'occasion. « Après trois années de développement et d'optimisation, notre base de données en ligne Global PRE est désormais complètement opérationnelle », s'enthousiasme Patrick Poincelet, président de la branche recycleurs du CNPA, le Conseil national des professions de l'automobile. Soit un million de pièces en stock, géolocalisées chez les réparateurs automobiles adhérents. « Il y a deux difficultés principales avec les pièces de réemploi : d'une part, mettre en contact celui qui la détient avec celui qui en a besoin et, d'autre part, le référencement. Dans l'automobile comme dans le gros électroménager, c'est une vraie tour de Babel », assure Patrick Poincelet. En effet, dans les deux secteurs, 70 % des pièces sont produites par des équipementiers. Une même pièce peut donc avoir plusieurs références : celle de son producteur et celles des industriels qui l'ont intégrée dans une voiture ou un lave-linge, par exemple. Le tour de force de Global PRE est de définir une référence universelle pour une même pièce. On n'en est pas encore là pour l'électroménager. « Envie Strasbourg, pilote pour cette expérimentation, compte 2 500 pièces en stock et 1,5 million de références », chiffre Pascal Monard, directeur d'Envie Strasbourg. Car pour réparer un appareil, Envie a constaté qu'il est souvent nécessaire d'avoir recours à trois appareils pour récupérer l'ensemble des pièces. L'entreprise possède les compétences pour le faire mais aussi celles pour vérifier leur bon fonctionnement, les stocker et les référencer. Mais ce référencement n'est pas compa-tible avec celui d'Agora. Il faudra cependant veiller à ce que la constitution du stock de pièces ne se fasse pas « au détriment du réemploi », avertit l'étude. Sans oublier d'éclaircir leur statut juridique (sont-elles des déchets ou des produits ?). La phase pilote doit durer six mois, pour évaluer la demande et l'impact économique de la pièce d'occasion sur le réemploi. Elle se focalisera sur le gros électroménager froid, les équipements de cuisson, les hottes, les lave-linge et les sèche-linge. Pour rassurer les réparateurs, la garantie sera similaire à celle d'une réparation avec une pièce de rechange neuve (soit trois mois). Dès 2017, 13 000 pièces devraient être disponibles sur Agora, ce qui représente 20 % du marché de la pièce de rechange. Le tout, sans subventions. l


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