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[Tribune] Pour une revalorisation du recyclage plastique en France

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[Tribune] Pour une revalorisation du recyclage plastique en France
Par Arthur Lepage, président et cofondateur du groupe Excelrise, le 15 janvier 2018
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Environnement-magazine.fr poursuit la publication de vos réflexions et de vos idées via notre nouveau format en ligne "Tribune". Cette semaine, Arthur Lepage, président du groupe Excelrise, revient notamment sur la décision de la Chine d’interdire l’importation de déchets sur son territoire. Pour lui, il s’agit d’une réelle opportunité économique et d’une "chance historique pour créer une vraie filière de valorisation et de recyclage des déchets plastiques en France".

En 2018, le recyclage des matières plastiques sera amené à prendre de plus en plus d’ampleur entre les objectifs ambitieux gouvernement (100% des plastiques recyclés en 2025) et la décision de la Chine de stopper tout import de déchets (« National Sword ») au 31 décembre dernier. L’exemple de la Suède illustre certes le retard de la France en matière de recyclage, mais nous prouve également qu’il est possible aujourd’hui d’atteindre le fameux « zéro déchet ».

Retour sur un secteur en difficulté

Sur les 4,5 millions de tonnes de déchets plastiques récupérés par an, seules 0,6 millions de tonnes sont recyclées. Le reste est principalement, soit mis en décharge (1,3 million de tonnes), soit incinéré (1,3 millions de tonnes). En outre, ce constat est d’autant plus amer pour la filière du recyclage des matières plastiques en France que parmi ces déchets, plus de 500 000 tonnes étaient historiquement envoyées chaque année vers la Chine*.

Cela tient à plusieurs facteurs. En premier lieu, nos filières logistiques et nos équipements sont peu adaptés à la valorisation et au recyclage des plastiques. D’autre part, l’habitude prise par les acteurs traditionnels du secteur de favoriser les mélanges au détriment du tri à la source, provoquant ainsi une perte de la valeur des déchets et une forte hausse du coût de leur traitement.
Cette culture des mélanges est un non-sens économique et une perte financière pour toute la filière, qui va du producteur de déchets plastiques à son utilisateur potentiel, avec des pertes annuelles mondiales qui s’échelonnent de 80 à 120 milliards USD selon la fondation Ellen McArthur.

La décision de la Chine : une opportunité économique

L’arrêt des imports chinois et de la mise en décharge représentent une chance historique pour créer une vraie filière de valorisation et de recyclage des déchets plastiques en France. L’exemple de la Suède, avec seulement 1% de ses déchets non recyclés, nous prouve qu’aujourd’hui une solide politique de recyclage plastique revalorisé à sa juste valeur, constituera à terme une véritable source de création de valeur, d’emploi et environnementale.
L’exemple de la Suède, où 99 % des déchets sont recyclés, nous montre qu’unepolitique massive de recyclage est possible et peut être génératrice de profits. La culture du recyclage y est profondément ancrée et les particuliers trient tous leurs déchets (journal, plastique, métal…) très méticuleusement. Ils déposent dans les stations de tri près de 480 kilos de déchets par personne et par an, qui sont ensuite convertis en une autre ressource : nouveaux produits, électricité, biofertilisants, biogaz…
L’avantage du tri à la source et de la collecte séparée.

On sait aujourd’hui que plus de 50% des gisements actuels de déchets plastiques sont facilement recyclables en produits à valeur au moins équivalente. Le développement du tri à la source permettra non seulement de pouvoir capter des flux séparés, donc facilement re-valorisables, mais devrait aussi réduire de façon drastique le coût de traitement des déchets. Il est même envisageable que les déchets passent d’un poste de coût à un poste de profit, si la valeur n’est pas perdue en cours de collecte. Il faut comme dans d’autres pays, passer sur des collectes séparées par type de flux et matières de déchets.
Une intégration ou collaboration directe verticale depuis la collecte séparée des flux à la production du produit plastique, permet une meilleure compréhension de la filière et la capacité de développer des matières secondaires de qualité pour des applications à valeur ajoutée.

Quelques pistes pour aller plus loin : 
- Instaurer une obligation de tri séparé dans le cadre d’une application plus stricte et contrôlée du décret 5 flux – plastiques/bois/carton-papier/métal/verre - de juillet 2016 pour les industriels et les commerces.
- Mettre en place une modulation de la taxe ordure ménagère (TEOM) par exemple selon le poids en ordure ménagère/ produits recyclables
- Créer un bonus sur l’écocontribution payée par les industriels (et collectée par les éco-organismes) pour les emballages qui intégrent des matières recyclées, par exemple au-delà d’un certain seuil – modulable à partir de 50 %, 75 %, 100 % de matière recyclée dans les emballages.
- Augmenter la taxe sur la mise en décharge (TGAP) et interdire la mise en décharge des plastiques et les déchets à haut pouvoir calorifique.
- Afficher le bilan carbone des produits ainsi que le taux de matière recyclée dans les emballages

*Deloitte/Syndicat des recycleurs plastiques/Plastics Europe
Arthur Lepage / Excelrise
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