C'est à ces questions, et à bien d’autres, qu’étaient invités à débattre le 10 octobre les participants aux Rencontres de l’aménagement du territoire au ministère de l’Intérieur, à l’initiative de Christian Estrosi, Ministre de l’aménagement du territoire. A l’heure où une congestion des transports est remarquée par tous - usagers comme pouvoirs publics - et synonyme comme l’a souligné la députée Nathalie Morizet de problèmes énergétiques et de santé publique, l’intermodalité semble la voie appropriée pour une nouvelle politique des transports dans une période de raréfaction des ressources. C’est par exemple cette voie, comme l’a rappelée la députée de l’Essonne, qui a été développée avec succès, à travers la mise en place de la desserte de bus sur l’autoroute A10 à Massy. Soulignant que la route achemine 80% du trafic de marchandises contre 11% pour le ferroviaire, et 3% pour le fluvial, les responsables de Réseau ferré de France et de Voies navigables de France se sont appliqués pour leur part à vanter les mérites de ces modes alternatifs au tout routier, même si comme l’a rappelé Christian Estrosi, il ne s’agit pas de condamner définitivement les transporteurs routiers, tant il est vrai que leur souplesse sur courtes distances est incontournable.Ainsi pour Michel Boyon, Président de RFF, par la relance du fret, le mode de transport associant le rail et la route, serait un bon critère d’aménagement du territoire et de gisement d’emploi grâce au développement de plate-forme logistiques dans les territoires concernés. Il a précisé également qu’à l’horizon mars-avril 2007, l’autoroute ferroviaire entre Perpignan et Luxembourg, devrait, grâce à sa navette quotidienne permettre d’économiser 7500 tonnes de pétrole, et donc limiter les émissions de CO2 en conséquence. Le développement ferroviaire a trouvé grâce également aux yeux de M. Véron, qui en tant que directeur du fret à la SNCF, a souligné que l’ère du monopole avait vécu, et que le juste à temps, la continuité de service, la fluidité du trafic devaient être des principes à mettre en œuvre pour attirer les transporteurs du rail, concurrence oblige. De fait, face à la croissance des échanges au sein de l’Europe, le développement du transport intermodal constitue un enjeu majeur de la politique des transports. Avec 29 500 kilomètres de lignées ferrées et 6 527 kilomètres de voies fluviales, le maillage des réseaux alternatifs est dense et permet une bonne irrigation des territoires. Concernant justement le fluvial, il faut reconquérir les ports français selon le Président de VNF, et éviter ainsi une saturation des villes. Aujourd’hui, sur dix conteneurs traités dans les ports, 6 le sont par des ports étrangers, et une large part des marchandises sont ensuite acheminées par voie routière. Christian Estrosi a fait remarquer que bien souvent la France sert de corridor pour les transporteurs étrangers qui circulent sur nos routes avec leurs cargaisons pour rejoindre un autre pays de l’union européenne.
Aujourd’hui, tous les acteurs semblent d’accord pour développer l’intermodalité, il n’y aurait même selon monsieur Mangeard, président de Modalhor, aucun frein, si ce n’est le volet financier. Gérard Longuet, en tant que Président de l’AFITF, l’Agence de financement des transports, était d’accord pour souligner que le niveau de travaux était bien souvent acceptable, mais qu’il fallait éviter la dispersion face à des élus souhaitant faire financer de nombreux projets !! Christian Estrosi s’est voulu rassurant sur l’aspect financier en garantissant une politique forte au service de l’aménagement du territoire, notamment par la recherche d’une solution alternative à l’abandon du projet de grand gabarit du Canal Rhin-Rhône.Xavier SidanerCliquez ici pour écrire à la rédaction d’Environnement-online.