Journal des Communes: Quelle est la priorité au niveau de la santé pour l'Ile-de-France?
Yanick Paternotte: La priorité selon moi réside dans la sectorisation hospitalière et la connexion avec l'AP-H de Paris. Le développement des cliniques privées ainsi que des centres de santé de proximité sont aussi des points importants, car si l'égalité parfaite n'existe pas, il est vrai qu'en Ile-de-France, plus on s'éloigne de la capitale et plus ces centres sont absents. Cette situation est le fait d'un contexte historique - qui ne concerne d'ailleurs pas uniquement Paris - impliquant des délais d'attente insupportables. Et avec l'interdiction des consultations privées dans les hôpitaux, le système est aujourd'hui sclérosé. Les conclusions du rapport de Gérard Larcher sur plus de synergie entre les petits hôpitaux est une nouvelle orientation qui a reçu un bon accueil.
JDC: Quelles sont les devoirs des maires dans le domaine de la santé ?
Y.P.: Le vrai souci pour les maires est de bien connaître les différentes offres de soins et leur répartition géographique. Au niveau du département, ils doivent aussi suivre l'évolution du nombre de centres ou de maisons médicales qui offrent une bonne alternative à l'hôpital. Cette douzième édition des assises de l'AMIF sera l'occasion de faire le point avec les élus sur la situation au niveau régional. La santé coûte cher, mais avec le vieillissement de la population, l'enjeu est de taille.
JDC : Pourtant Paris et sa région comptent surtout des actifs. Ne dit-on pas souvent que les Franciliens quittent la capitale après leur retraite ?
Y.P.: Il faut arrêter de résonner en statistiques. Les retraités ne partent pas tous des grandes villes, et depuis quelques années, on observe de plus en plus de personnes âgées rester ou se rapprocher de leurs enfants travaillant en Ile-de-France.
Le rôle des élus est donc d'anticiper dès maintenant l'évolution du vieillissement de la population. Et avec la santé, le logement est aussi important. Car si l'on assiste à un regroupement intergénérationnel, le développement immobilier doit suivre. Hors les réserves foncières existantes sont situées essentiellement en grande couronne d'où la nécessité de créer dès maintenant de nouveaux équipements dans ce secteur.