C'est un code de bonnes pratiques sur un sujet éternel : les conflits d'usage entre l'agriculture et la ville. La charte pour l'aménagement et la gestion durable de l'espace rural, signée entre le département du Haut-Rhin, l'Association des maires de France, l'État et la chambre d'agriculture, liste une vingtaine d'engagements réciproques pour une cohabitation plus harmonieuse aux abords des zones de vie, grâce à l'équilibre urbanisation-agriculture-espaces naturels. Si le texte incite les pouvoirs publics à limiter l'étalement urbain, il demande aussi aux exploitants d'y mettre du leur. Par exemple, de « favoriser l'installation d'activités agricoles peu utilisatrices d'espaces dans les secteurs à forte concurrence foncière ». La charte s'inscrit dans le droit-fil des Gerplan, les plans de gestion de l'espace rural et périurbain, initiés dès 2000 par le conseil général à l'échelle des intercommunalités. Les vingt-cinq signés à ce jour couvrent les trois-quarts du territoire. Intérêt ou limite du nouveau texte ? Il repose sur la bonne volonté des signataires. Les quelques instruments plus coercitifs, comme les ZAP (zones agricoles protégées), sont mis au second plan. « Les Gerplan montrent que l'on peut bien fonctionner en se fondant sur le volontariat et la concertation », souligne Karine Isola, leur coordinatrice au conseil général.