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TERRITOIRES

Les élus en quête de solutions pour nos aînés

LA RÉDACTION, LE 20 JUILLET 2009
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Nous vivons actuellement une période où le problème de l'hébergement des personnes âgées se pose en termes qualitatifs mais, surtout, d'un point de vue quantitatifs. Il existe dans notre pays (et malgré les plan ministériels mis en place) un réel problème concernant la place réservée aux personnes âgées dans la société, aux soins à leur apporter en général, et à leur hébergement en particulier. L'Insee et la Direction des Statistiques du Ministère des Affaires sociales ont mis à jour, il y a quelques années, cette donnée fondamentale : « la population des personnes âgées de 85 ans et plus va augmenter de 43% entre 2005 et 2010, et ce, alors même que la vague des « baby-boomers » ne sera pas encore concernée. » Au bas mot, il s'agit de 460 000 personnes. Les derniers gouvernements ont choisi, avec raison, de privilégier leur maintien à domicile. C'est le souhait de l'écrasante majorité des « anciens ». Mais il arrive toujours un moment où ce maintien n'est plus possible, pour une raison de trop grande dépendance. Leur passage en hébergement collectif devient alors quasi-obligatoire. Si l'on considère l'âge d'entrée moyen (83 ans pour une femme) en maison de retraite publique comme privée, ceci représente un chiffre considérable. Le passage à l'heure de la dépendance... Cette augmentation est-elle compensée par un supplément de places d'hébergement offertes ? Non, bien au contraire, par une forte chute en valeur relative. La Direction des Statistiques du Ministère l'avait constaté : entre 1996 et 2001, la population âgée de plus de 75 ans a augmenté en moyenne de 3% par an, alors qu'au cours de la même période, le nombre de places d'hébergement nouvelles n'a progressé que de 1%. Actuellement, 10 000 établissements proposent (chiffres de 2001) environ 670 00 places. Pour 1 000 personnes âgées de 75 ans et plus, le nombre de places disponibles était de 166 en 1996 et n'était plus que de 138 en 2001, ce qui représente une diminution de l'ordre de 16%. Le transfert vers une structure d'hébergement collectif (maison de retraite ou résidence de services le plus souvent, Ehpad, ou Marpa en milieu rural) est presque toujours mal vécu par la personne âgée qui y est contrainte, et aussi par sa famille. La solution du maintien à domicile correspond, on vient de le voir, à un souhait profond de la population. Mais la durée moyenne de la vie augmente, et même si les incapacités « classiques » dans le domaine physique (impotence, fragilités osseuses, surdité, malvoyance, rhumatismes...) ont tendance à apparaître plus tardivement, les maladies directement liées au vieillissement prennent de plus en plus d'ampleur, et au premier rang d'entre elles, la maladie d'Alzheimer. Quoiqu'on fasse, l'heure de la dépendance finit toujours par sonner, même si une aide adaptée permet de retarder le moment de passer de son domicile vers la maison de retraite. Actuellement l'hébergement collectif des personnes âgées comprend trois secteurs « traditionnels » : les logements-foyers, les maisons de retraite « classiques » et les services hospitaliers (ex-« longs séjours »). Nous vieillirons ensemble... Le maire d'une commune qui souhaite créer une maison de retraite doit savoir que son projet demandera au bas mot cinq ans pour être réalisé, et qu'il devra faire preuve tout au long de ces années, d'une opiniâtreté hors du commun. Quel type d'établissement doit-il ouvrir ? Les besoins des « anciens » actuels seront-ils identiques à ceux des anciens « futurs » ? A chaque localité d'étudier et de concevoir le projet qui lui convient. Un certain nombre de réalisation ont donc vu le jour sus l'impulsion des élus locaux. Citons par exemple la maison de retraite intercommunale de Moirans-en Montagne (Jura) qui a vu le jour en mars 1999 avec 36 places d'hébergement dont 15 médicalisées, pour une population de 6 500 habitants environ. Elle a été bâtie suivant une architecture conviviale réservant la place centrale aux services médicaux. Or, de l'aveu même des porteurs du projet, elle n'est déjà plus adaptée. Mais ils ne sont pas à court d'idées, et préparent déjà une maison polyvalente permettant des séjours intermittents (hiver en maison, été en famille) des « anciens », mais aussi l'accueil de jeunes, étudiants, mères célibataires... A Aniane (Hérault), secteur en rapide expansion démographique, a été bâtie une résidence devant atteindre, à terme, 54 places. Son architecture favorise, là aussi, la chaleur et la convivialité. Et là aussi, on l'intègre au plus près des activités réservées aux catégories jeunes de la population : centre de loisirs, crèche, CCAS... Même démarche à Vendenheim (Bas-Rhin), où un établissement de plusieurs unités de 15 places spacieuses (24 mètres carrés), implanté en coeur de ville, dotés d'un espace de vie animé par une « maîtresse de maison », repas pris au restaurant également fréquenté par le personnel associatif, les enfants des écoles... Dans de nombreuses autres communes des établissements sont en projet ou en cours de réalisation, notamment ceux qui favorisent les relations intergénérationnelles. Devenir vieux c'est tout sauf ne pas appartenir à la société, aussi pourquoi ne pas vieillir ensemble ? Il faut «débat public» à l'automne C'est ce qu'ont demandé : les représentants de 16 fédérations d'associations et organisations intervenant dans l'aide aux personnes âgées fragilisées, à domicile ou en établissement, au gouvernement, le 30 juin dernier lors d'une conférence de presse. Il faut, « avoir la volonté politique d'ouvrir un débat public sur cette question à l'automne », selon Emmanuel Verny, directeur général de l'Union nationale de l'aide, des soins et des services à domicile (UNA). Des directeurs d'établissements et de services, des représentants des usagers et des familles, des élus locaux et des acteurs mutualistes s'étaient réunis pour exprimer leurs critiques d'un « discours gouvernemental incohérent et contradictoire ». Ils déplorent des « contradictions » entre « les dernières lois censées favoriser l'accompagnement de la perte d'autonomie et les plans nationaux en cours », comme le plan Alzheimer ou le plan Solidarité grand âge. Ces professionnels et les familles disent craindre notamment que « les pouvoirs publics ne réduisent la politique envers les aînés à une maîtrise purement comptable des enveloppes budgétaires, visant ainsi à rechercher la manière de faire le moins de mécontents possible avec le moins d'argent possible ». Les associations ont rappelé leur opposition à la circulaire du 13 février dernier (n°DGAS/5B/DSS/1A12009/51) qui organise la campagne budgétaire 2009 pour les établissements médico-sociaux et qui se traduit, selon elles, par des baisses de moyens et par le maintien d'un ratio d'encadrement des personnes âgées toujours très insuffisant, et encore inférieur à ce qui se pratique déjà dans les établissements et services destinés aux personnes handicapées, « alors que les problématiques en termes de perte d'autonomie et de gestes à accomplir sont très proches ». Bon à savoir... Les instruments réglementaires et statistiques français définissent comme personnes « âgées » les personnes de 60 ans et plus. Cet âge ne constitue pourtant pas un seuil pertinent dans le processus de vieillissement, et moins encore pour la dépendance qui ne concerne qu'une faible part des sexagénaires. La clef de voûte du dispositif de prise en charge des personnes âgées dépendantes est l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), qui peut être attribuée à partir de 60 ans. Les personnes de soixante ans et plus, qui étaient 12,5 millions en 2000 (soit 22% de la population), seront 17 millions en 2020 (+ 40% en 20 ans) et près de 21,5 millions en 2040, ce qui représentera près du tiers de la population totale. Celles de 80 ans et plus, âge auquel la prévalence de la dépendance commence à augmenter rapidement, seront 4 millions en 2020 (soit 80% de plus qu'en 2000) et 7 millions en 2040 (soit plus de trois fois plus qu'en 2000)*.


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