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TERRITOIRES

Communes recherchent médecins désespérément

LA RÉDACTION, LE 20 JUILLET 2009
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Les causes du mal sont multiples : démographie médicale en chute libre, conditions d'exercice difficiles, surcharge de travail en raison de l'augmentation de la clientèle (corollaire inévitable de la baisse du nombre de médecins), enclavement des villages... Les conséquences directes elles aussi sont multiples : inégalités d'accès aux soins pour la population, perte de l'égalité des chances devant la santé, risques accrus des complications, délais de réactivité plus longs, fragilisation psychologique... Bref, le tableau du patient inquiète les populations mais aussi les élus qui ne cessent de se mettre en quête de solutions pour que leurs communes, déjà mises à mal par la disparition de plusieurs services publics, ne deviennent des territoires où les populations seraient fragilisées et où rares seraient ceux qui voudraient s'installer. Dommages collatéraux L'absence ou la disparition des services vitaux comme la médecine (médecine générale en particulier) ou de services publics dans les villages provoque départs et désertification des communes avec leur corollaire : d'énormes répercussions économiques tant pour la vie collective que privée. Les finances et les circuits commerciaux se tarissent, les équipements et investissements s'amenuisent par manque d'argent, les villages dépérissent et les territoires sont abandonnés. Le risque majeur devient alors les délocalisations vers les centres urbains, un exode rural inexorable... En fait, la France se trouve dans une situation quelque peu paradoxale. En effet si le nombre de médecins n'y a jamais été aussi élevé qu'aujourd'hui, leur répartition sur le territoire est tout à fait inégale. Dans le même temps, on observe une augmentation des besoins de santé « primaire », bien évidemment liée au vieillissement de la population et à la diminution des temps d'hospitalisation. Dans une interview à nos confrères de Pays de Santé, le professeur Patrick Choutet, médecin-conseil national de la Mutualité sociale agricole (MSA) précisait d'ailleurs : « La diminution du nombre d'étudiants en médecine au cours des années 80-90 conduira mécaniquement à une diminution de la densité moyenne des praticiens en France. On estime ainsi que cette densité sera de 283 médecins généralistes pour 100 000 habitants. La France va revenir quasiment au même niveau qu'en 1985, mais avec des besoins accrus en soins primaires du fait du vieillissement de la population. » Quelles sont les causes et les solutions ? Plusieurs enquêtes menées auprès des étudiants en médecine, mais aussi auprès de jeunes praticiens, laisse apparaître que l'une des causes principales du refus d'installation dans les zones rurales réside dans le rejet des conditions de travail du « médecin de campagne ». Isolé, entièrement dévoué à sa tâche, souvent au détriment de sa vie de famille... les jeunes médecins ne souhaitent pas reproduire ce mode de vie qui ressemble désormais à une image d'Epinal. Autre cause plus surprenante, la féminisation de la profession. « 65% des étudiants en médecine sont des femmes. Du coup, le choix de l'installation du praticien s'inscrit dans un projet de couple. La femme de médecin qui gérait le secrétariat de son époux, n'existe plus. Elle a été remplacée par un conjoint, souvent diplômé d'études supérieures et qui cherche un poste à la hauteur de son profil. D'où la préférence pour s'installer en ville », souligne le commentaire de l'une de ces enquêtes. Comme le montre les exemples présentés ci-après, les élus rivalisent d'imagination et parfois d'humour pour attirer à eux les jeunes médecins. Et leurs incitations sont souvent d'ordre financier. Mais pour le professeur Patrick Choutet de la MSA, cette incitation ne doit pas être considérée comme la panacée, il faut aussi « des solutions qui apportent un environnement de vie confortable pour le médecin généraliste. Cela passe par un travail de groupe, des collaborations entre professionnels de santé pour les pathologies chroniques par exemple, et une aide à l'organisation administrative. Ces solutions doivent permettre aux médecins de se concentrer sur le diagnostic et la prescription des traitements. »


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