Depuis quelques mois, une toux s'est emparée des élus locaux. Une petite toux irritante d'abord, mais qui ces derniers temps s'accompagne de symptômes fiévreuxet touche les élus toutes tendances confondues. Un mal qui n'a rien à voir avec la pandémie de grippe H1N1. Non, ses origines, il faut aller les chercher du côtéd'un mot, un simple mot : réforme.
Création de conseillers territoriaux et de métropoles régionales, achèvement de l'intercommunalité, clarification des compétences... Nicolas Sarkozy a enfin présenté les grandes lignes de sa réformedes collectivités territoriales.
Du côté des élus locaux, déjà hérissés par la réformede la taxe professionnelle prévue dans le projet de budget 2010, la pilule passe difficilement et, là oùle gouvernement parle de simplification, certains y voient un recul de la décentralisation, voire une étape vers une recentralisation qui ne dit pas son nom.
Principale pierre d'achoppement : la création des conseillers territoriaux qui, au nombre de 3 000 se substitueraient aux 6 000 conseillers régionaux et généraux existants. Les régions, comme les départements, ne cessent de dénoncer la création de ce nouvel élu estimant qu'à terme, il s'agit de supprimer leurs collectivités.
Lors des dernières journées parlementaires de l'UMP, le Premier ministre avait exhorté les élus à faire corps : « Vous avez le devoir de nous soutenir parce que ça va secouer, parce que tout le monde n'est pas d'accord. »
Reste qu'aujourd'hui, chez les élus, de droite comme de gauche, les débats restent très vifs et la fièvre persiste. La convalescence risque donc de prendre du temps...