Une étude comparée des politiques éducatives municipales (2001-2008) conduite par l'Association nationale des directeurs de l'éducation des villes (ANDEV), en partenariat avec l'Association des Maires de France (AMF), publiée en octobre 2009, confirme l'importance que continue de prendre l'éducation : 97 % des maires considèrent l'éducation comme un axe majeur de leur politique municipale (ils étaient 96 % en 2001). L'affirmation de cette priorité se traduit par une prévision d'effort budgétaire important, souligne l'enquête. Les chiffres publiés par le ministère de l'Education nationale dans « L'état de l'école en 2007 » indiquent que les collectivités tous niveaux confondus assurent près de 23 % des dépenses nationales d'éducation et que cette part est en progression puisqu'elle était de 21,3 % en 2006 et 19,9 % en 2005. Dans le premier degré, c'est environ 40 % de la dépense d'éducation qui est financée par les collectivités territoriales. Les communes ont été confrontées à de nombreux questionnements s'agissant de la mise en place du service minimum d'accueil (SMA), de la « suppression du samedi », des mesures sur l'accompagnement éducatif ou bien encore des projets sur la constitution d'Etablissements Publics d'Enseignement Primaire (EPEP). Les maires s'inquiètent par ailleurs de la remise en question de la scolarisation des enfants de moins de trois ans (Voir doctrine, p.59).
Dans un communiqué du 28 septembre dernier, l'AMF s'est félicitée de l'adoption définitive de la proposition de loi du sénateur Jean-Claude Carle abrogeant l'article 89 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales. La loi dite « Carle » du 28 octobre 2009 (Voir décryptage, p.48 ), « qui vise à apaiser les conflits et à clarifier les obligations des communes, permettra d'instaurer localement des relations plus sereines avec les écoles privées. Elle doit aussi conforter les écoles publiques de nos communes », estime l'AMF. L'Association des maires ruraux de France (AMRF) considère quant à elle « qu'il faut se garder de tout triomphalisme devant une solution qui permet avant tout d'éviter le pire pour nos communes ». Le principe de parité reste incomplet, précise l'AMRF, « dans la mesure où le maire n'est pas consulté pour la scolarisation d'un enfant dans une école privée extérieure alors qu'il l'est s'agissant d'une école publique ». Pour l'opposition, cette loi ouvre « une brèche dans le principe de la carte scolaire » et porte atteinte au principe de laïcité.