EM : Vous avez mission d'élaborer un plan de mobilisation en faveur des métiers verts. Où en êtes-vous ?
Nous avons commencé par dresser un état des lieux à partir des informations issues d'études commandées par le ministère et des acteurs tels le Pôle emploi, le ministère du Travail ou les branches professionnelles. Nous disposerons ainsi d'une photographie des besoins des filières professionnelles, des métiers en tension et de l'offre de formation existante et à construire.
EM : Quel dispositif avez-vous mis en place ?
Un comité de pilotage national va définir avec dix comités de filière les priorités stratégiques et les outils à mettre en place. Pour concrétiser le gisement d'emplois verts, il faut à la fois apporter une offre rapide en termes de formation sur les métiers en tension et travailler sur les métiers de demain en construisant les futurs référentiels métiers. Enfin, un Observatoire national des métiers verts sera mis en place pour connaître, territoire par territoire et filière par filière, ce que seront les besoins en compétences, comment les métiers devront évoluer et comment adapter l'appareil de formation. Ce dispositif doit nous permettre de construire le plan de mobilisation présenté par le président de la République en janvier lors de la Conférence nationale pour le développement des métiers liés à la croissance verte.
EM : Vous souhaitez des expérimentations territoriales. Pour quoi faire ?
Construire des nouveaux métiers et des nouveaux référentiels ne peut pas se faire sans les Régions qui sont compétentes en matière de formation. Des expérimentations sur quatre ou cinq régions permettront de mutualiser les moyens et de tester les contenus d'une formation. Elles nous serviront à valider des parcours de formation avant de les généraliser.
EM : De quels moyens disposez-vous ?
Les moyens sont divers. Pour les expérimentations, nous mobiliserons certains crédits de l'Ademe, auxquels s'ajoutent les cofinancements des régions pilotes, les crédits qui existent dans les différents ministères et dans les branches professionnelles. Les crédits de la formation professionnelle s'élèvent à plus de 26 milliards d'euros. Il ne s'agit pas nécessairement de travailler avec des moyens supplémentaires, mais de mieux coordonner et affecter les financements existants. Néanmoins, s'il faut pour certaines filières dégager des moyens nouveaux, nous le ferons.
EM : Vous travaillez sur les emplois du secteur privé. Mais qu'en est-il du ministère et de ses services déconcentrés ?
L'État s'est engagé dans une recherche d'efficience de son administration avec, il est vrai, un certain nombre de départs à la retraite non remplacés et une organisation administrative différente. D'un côté, on rationalise la présence de l'Etat, de l'autre, les territoires prennent le relais sur des compétences de proximité et à une échelle qui permet d'être plus réactif par rapport à des besoins.
EM : 600 000 emplois verts sont annoncés d'ici à 2020. Pourtant les entreprises n'embauchent pas. N'avez-vous pas sous-estimé les effets de la crise ?
En temps de crise, les premiers emplois qui partent, c'est l'intérim et le CDD ; ce sont aussi les premiers qui reviennent. C'est la réalité du monde économique. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'activité. Nous sommes entrés dans une phase pluriannuelle d'investissements à l'horizon 2020. La lisibilité est là. Après, c'est une question de confiance des entreprises.