Il est clair qu'un important travail a été réalisé, bien au-delà des travaux législatifs soutenus sur lesquels l'opinion publique se focalisait. Au niveau opérationnel, c'est surtout la fiscalité au sens large qui a été « à l'honneur » avec des mesures emblématiques telles que le bonus-malus écologique pour les véhicules ou le prêt à taux zéro pour les rénovations énergétiques chez les particuliers. Pour le Ministère, « La mise en oeuvre de tous les engagements permettra d'aller vers des modes de production et de consommation durables qui seront au coeur d'un nouveau modèle de croissance ». Cependant, pour ce faire, plusieurs conditions devront être remplies simultanément au risque de perdre toute efficacité dans le processus amorcé.
Avant tout, il s'agit de modifier les mentalités. « Les changements très profonds qui sont devant nous sont en effet moraux et culturels bien avant d'être technologiques. Les médias ont un rôle important à jouer dans cette évolution », souligne le Ministère.
« Il faut aussi changer notre façon de mesurer la richesse : c'est une condition nécessaire au changement des mentalités. Pendant des années, les statistiques ont présenté une croissance économique de plus en plus forte comme l'objectif unique de nos sociétés. Or, aujourd'hui, nous nous apercevons qu'elle détruisait peut-être plus qu'elle ne créait. Comme le dit le rapport Stiglitz, " l'une des raisons qui expliquent pourquoi la plupart des gens se considèrent encore moins bien lotis malgré la hausse du PIB est simple : c'est réellement le cas. " »
Faire rimer croissance et protection de l'environnement
Selon le Ministère, une autre piste doit être suivie. Il s'agit en effet de déployer des politiques publiques, vigoureuses et coordonnées, portant tant sur l'offre (investissement dans la recherche, politiques industrielles, développement de nouvelles infrastructures) que sur la demande afin de soutenir les nouvelles filières vertes qui permettront la création de nouvelles activités et de nouveaux emplois.
Il est également nécessaire d'investir en capacités de production : « ce sera bien sûr aux industriels de le faire mais les entreprises publiques participeront à ces projets métiers se modifier, d'autres devront exercer des métiers qui n'existent pas aujourd'hui. Cela nécessitera un très gros effort d'adaptation de ces salariés mais aussi des dispositifs de formation tant initiale que continue. Les besoins sont en cours de définition dans le cadre du plan de mobilisation pour les emplois verts, lancé à la suite de la communication en conseil des ministres du 9 septembre 2009 »
Parallèlement, le Ministère veillera à garantir la cohésion sociale. C'est l'objet du Pacte de Solidarité écologique qui vient d'être annoncé.
Les actions qui seront menées en 2010 et au-delà devront apporter la preuve qu'il ne sera pas nécessaire de choisir entre la croissance et la protection de l'environnement, ou entre le chômage et l'environnement. L'objectif est de se diriger résolument vers une croissance verte et durable, c'est-à-dire une croissance reposant sur de nouveaux modes de consommation et de production plus sobres et plus justes.