Le 31 mars dernier, Jean-Paul Delevoye quittait sa fonction de Médiateur de la République pour intégrer celle de Président du Conseil économique social et environnemental. Mais au-delà de son bilan à ce poste, ce sont surtout les idées qu'il a exprimées lors de la conférence de presse organisée pour présenter son ultime rapport *, que l'on a envie de retenir. En fait, un diagnostic sans concession et sans langue de bois sur la société française et sur la classe politique.
« Les réformes de notre pays se font trop vite, sans que les dommages collatéraux qu'elles induisent en soient suffisamment mesurés », déclarait-il. Et les dommages collatéraux c'est à la fois un sentiment et un ressenti que montraient aussi très bien les résultats de l'enquête Sociovision Cofremca** (fin 2010) : des chômeurs qui ne croient plus à l'efficacité du Pôle emploi et préfèrent travailler au noir, des élèves qui ne vont plus à l'école... « L'administration a perdu sa capacité à faire du sur-mesure pour les personnes en difficulté, relevait le médiateur. 40 % des Français estiment être abandonnés... » Pire ils sont au bord d'un véritable « burn-out » où impuissance, isolement et incompréhension prennent le dessus sur le bon sens, l'écoute et l'accompagnement.
A trop vivre sous l'emprise du court terme et du chiffre, les politiques risquent gros. « Le politique ne pourra rien bâtir sur des victoires éphémères remportées par la séduction et sur un océan d'irresponsabilités individuelles » a prévenu Jean-Paul Delevoye.
Le dernier rendez-vous électoral qu'ont eu les Français avec leurs politiques semble lui avoir donné raison...