D'ici à la fin de l'année, quarante projets de mobilier urbain intelligent seront expérimentés sur soixante emplacements de la capitale. Et le Paris de l'innovation va bouleverser le paysage urbain ! Après avoir garé sa voiture électrique sur une borne de recharge automatique, on pourra envoyer des cartes postales vidéo à sa grand-mère ou des « je t'aime » numériques à son amoureux(se) sur le Smoovebox. Une petite pause bucolique bien méritée autour d'un potager aquaponique et ça repart ! On croisera peut-être en route un abri-voyageurs nouvelle génération et si l'envie nous prend de changer de quartier, on profitera du système de covoiturage spontané mis en place sur les boxes à vélos multimodaux. La ballade se terminera tard dans la nuit guidée, tel le Petit Poucet dans les rues de Paname, par un éclairage urbain économe et intuitif. Entre fantaisie et innovation pratique, la ville de demain se dessine donc dès aujourd'hui. « La révolution technologique en cours aura des conséquences considérables sur l'espace public. Paris a la volonté d'accompagner cette tendance en devenant un terrain d'expérimentation in situ de l'innovation », souligne Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l'innovation, de la recherche et des universités.
Lancée en novembre dernier par la ville et son agence de l'innovation Paris Région Lab, l'appel à projets Mobilier urbain intelligent a retenu la quasi-totalité des dossiers présentés par des candidats aux profils variés, start-up, jeunes designers ou grands noms de la publicité, comme JC Decaux. L'objectif, susciter la surprise sur l'espace public grâce à une innovation ouverte et offrir aux jeunes participants un territoire d'exception pour exposer leurs premiers projets. « En contournant la mise en concurrence propre aux appels d'offres, la procédure d'appel à projets nous a permis d'élargir le champ des candidatures et de favoriser l'audace et l'imagination », précise l'élu. Plus de la moitié des candidatures bénéficieront ainsi du soutien financier du fonds Paris innovation amorçage proposé par la Ville de Paris et Oséo. Quant aux perspectives de déploiement, la ville ne s'est pour le moment fixé aucun objectif précis. D'ici à 2012, elle compte dresser le bilan de l'opération en sollicitant l'avis des Parisiens.