C'est beau une ville ou un village la nuit, oui, mais à condition d'en maîtriser son éclairage et pas uniquement pour des raisons d'économies d'énergie. « Le suréclairage a des impacts réels sur la consommation d'énergie, mais aussi sur l'environnement vivant - animal et humain -, sur la sécurité routière, sur l'observation du ciel par les professionnels et la transversalité des enjeux est pleinement une question de développement durable », explique Anne-Marie Ducroux, présidente de l'Ancpen qui fut aussi pendant quatre ans la première présidente du Conseil national du Développement durable. Faut-il pour autant plonger nos villes et nos campagnes dans le noir ? « Pour l'Ancpen, il ne s'agit évidemment pas de remettre en question la nécessité d'éclairer pour des besoins de sécurité et d'agrément. Il ne s'agit pas non plus de supprimer l'éclairage artificiel, mais de le raisonner, de l'organiser de manière à en atténuer les impacts négatifs et d'en faire un service adapté aux enjeux du XXIe siècle », précise la présidente.
La pollution lumineuse, c'est quoi ?
La pollution lumineuse se perçoit principalement sous la forme d'un halo lumineux, de lumière éblouissante, de lumière intrusive ou envahissante. Elle n'éclaire pas seulement le ciel, elle affecte indiscutablement la faune et les écosystèmes, la flore et les êtres humains. « Elle contribue aussi au gaspillage d'énergie, mais aussi aux émissions de gaz à effet de serre et de déchets liés à sa production », précise Anne-Marie Ducroux. Et la situation ne s'arrange pas. Depuis cinquante ans environ, notre mode de vie avec ses enjeux commerciaux et de prestige alimente une recherche d'éclairage systématique et permanent. « Plans lumière, panneaux, signes et enseignes lumineux, publicitaires ou non, augmentent continuellement la luminance de l'environnement nocturne urbain et routier notamment, de 5 % par an en moyenne. »
Dans le budget des communes, l'éclairage public représente 23 % de la facture globale et 38 % de la facture d'électricité. Il représente également 48 % de la consommation électrique des collectivités locales en kWh et offre un potentiel d'économies budgétaire d'au moins 50 %. De quoi faire réfléchir les élus, surtout si l'on y ajoute les dépenses liées à l'équipement et à la maintenance des installations...
Devenir ville ou village étoilé
Gratuit et ouvert à toutes les communes, le concours « Villes et villages étoilés », et dont le Journal des Communes est partenaire, promeut les actions mises en place par les collectivités pour le respect de l'environnement nocturne, les économies d'énergie, les économies budgétaires, mais aussi pour une meilleure qualité de la nuit, une meilleure qualité de la vie pour les humains, la faune et la flore.
Les communes retenues par le concours reçoivent un label qui prend en compte : l'évaluation des impacts et de l'efficacité énergétique, les installations, la répartition et la densification de l'éclairage public, la durée d'éclairement et les actions de sensibilisation menées auprès du grand public sur les différents enjeux. Pour participer à ce concours, soutenu par le Ministère de l'Écologie et par la Fondation de France, il suffit de répondre à un questionnaire téléchargeable sur le site de l'Ancpen.
À Cerizay (79), commune de 4 500 habitants, 1 000 points lumineux ont été remis en cause pour une économie évaluée à 15 000 . À Saint-Sixt (74), 606 habitants, l'économie réalisée atteint 50 % grâce au remplacement des luminaires type boule ou lampe blanche. Et les exemples son nombreux ! Pourquoi ne pas faire un pas de plus vers le développement durable ?