Une enquête fraîchement publiée par le Club des villes et territoires cyclables l'atteste : à mesure que les politiques locales en faveur du vélo mûrissent, le nombre de ces chargés de mission progresse. « Les trois quarts des collectivités qui nous ont répondu en comptent un, mais pas forcément à temps plein. Dans les plus petites, il s'occupe aussi de transport ou d'urbanisme », explique Véronique Michaud, secrétaire générale du Club, qui anime un réseau d'échanges techniques sur le sujet. Ingénieur environnement de formation, Serge Asencio occupe ce poste depuis dix ans à la communauté urbaine de Strasbourg (CUS). Son précédent parcours dans une association cycliste a été vu comme un atout. « Connaître le terrain est important, confie-t-il. Même si à la direction mobilité, je suis plus dans la stratégie, en amont de l'opérationnel et face aux élus. Ce n'est pas moi qui trace les pistes cyclables ! J'ai plus un rôle d'expert, de référent et travaille avec d'autres services – la voirie pour les travaux, la propreté pour le déneigement des pistes, la communication pour la Fête du vélo – et mes homologues du Département et de la Région sur des sujets comme le stationnement. » Dans son service, un collègue le seconde sur le projet d'autoroute cyclable. Nombre d'arceaux vélo posés, bilan des actions menées : il faut rendre des comptes et évaluer. « À l'échelle d'une agglomération, un temps plein se justifie. Les enjeux sont nombreux car le vélo est en prise sur les aménagements urbains, les pôles d'échange et d'intermodalité, ajoute Guillaume Porcher, chargé de mission vélo à Rennes Métropole et cycliste chevronné. Révision oblige du schéma directeur vélo, une concertation avec les usagers va s'engager. « Donneurs d'ordres, associations, entreprises, il faut être à l'écoute des parties prenantes, hiérarchiser, faire la part des choses. »
Selon l'échelon, la taille, les compétences de la collectivité, ses missions varient. Le chargé de mission vélo d'un département s'occupera plus de véloroutes, celui d'une ville plus de vélos en libre-service. Dans un établissement public comme le Cerema (ex-Certu), Thomas Jouannot, chargé d'études sécurité routière et développement du vélo, s'efforce de « faire progresser la doctrine nationale en matière d'aménagements cyclables, d'accompagner l'évolution réglementaire, de valoriser les bonnes pratiques des collectivités et de produire des guides, fiches techniques et recommandations ». Les prochaines porteront sur le double sens cyclable en voie limitée à 50 km/h et l'évaluation des impacts des aménagements sur le comportement des usagers.