Alors qu'Angers a inauguré en juin sa première ligne de tramway de 12,5 km, dont 8 km gazonnés, la direction des jardins a lancé depuis la fin de l'année dernière, une expérimentation de deux ans et demi pour tester de nouveaux végétaux. « Les résultats permettront d'envisager d'éventuelles réfections de la première ligne et de décider du couvert végétal de la seconde », précise Fanny Maujean, directrice parcs, jardins et paysages de la ville d'Angers.
Ce test s'inscrit dans un programme d'études national sur la végétalisation des tramways menés par Plante et cité. Cette association travaille également avec Bordeaux, où les 162 000 m² de surfaces engazonnées consomment annuellement près de 160 000 m3 d'eau pour un coût de 180 000 euros. « Pour la première ligne, le gazon a été installé sur un substrat de 17 cm posé sur la dalle béton, sans aucun contact direct avec la terre. Une situation difficile, aussi bien en cas de fortes pluies qu'en période de sécheresse », explique Serge Chauveau, chef de projet infrastructure à la communauté urbaine de Bordeaux ( CUB). Celle-ci a donc décidé de lancer une expérience de deux ans et demi à l'automne 2010 dont l'objectif est notamment d'améliorer les plates-formes pour faciliter le contact du gazon avec la terre. Ainsi, dans la troisième phase, « la partie bétonnée n'est plus que de 30 cm de part et d'autre des rails », précise Olivier Damas, chargé de mission à Plante et cité. L'objectif est également de diminuer par deux la fréquence des tontes (15 à 25 par an en moyenne) et d'améliorer l'esthétique et la biodiversité.
Plante et cité tire les enseignements d'une expérience similaire menée à Orléans en 2009 et en 2010 (50 000 m² de gazon, 1 m3 d'eau par mètre carré et par an pour un coût de 30 000 euros). Les 38 000 m² de la seconde ligne seront ensemencés d'un gazon rustique, d'un mélange de vivaces à fleurs et de quelques sedums qui devraient réduire d'un tiers les tontes et l'arrosage.
Bien d'autres villes travaillent sur ce sujet. À Montpellier, après un premier essai pionnier, sans aucune irrigation, qui a cessé fin 2002... faute de végétation, une seconde tentative inclut désormais l'arrosage. L'eau brute utilisée provient du canal du bas Rhône. Avec la nouvelle sélection de gazon et de sedum, la consommation d'eau prévisionnelle est de 0,5 m3 par mètre carré et par an pour les 8 km de surfaces engazonnées à ce jour. Alors qu'elle n'a pas encore son tram, Brest réalise déjà des tests avec une autre préoccupation. « Notre souci majeur est de limiter les adventices, car la ville a adopté une démarche zéro pesticide », précise Anne-Simone Burel, ingénieur paysagiste pour le groupement TEO, maître d'oeuvre.