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BIODIVERSITÉ

Dans les milieux agricoles, les oiseaux disparaissent à une vitesse alarmante

PUBLIÉ LE 20 MARS 2018
E.G
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Dans les milieux agricoles, les oiseaux disparaissent à une vitesse alarmante
Ce mardi 20 mars, le CNRS et le Musée national d’histoire naturelle publient deux études qui alertent sur la disparition massive des oiseaux des campagnes. Un déclin observé depuis plus de vingt ans et qui s’est notamment accentué depuis 2016.

« Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises », se désolent le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). En effet, d’après deux études publiées ce mardi 20 mars, « les oiseaux des campagnes disparaissent à une vitesse vertigineuse ». Ces deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à échelle nationale, et l’autre à échelle locale, concluent qu’en 15 ans, les populations d’oiseaux de campagnes ont diminué d’un tiers. « Au vu des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir », alertent les chercheurs. « Ces études révèlent l’ampleur du phénomène : le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique », préviennent le CNRS et le MNHN.

Ces données ont pu être récoltées grâce à des comptages d’oiseaux effectués sur tout le territoire métropolitain par des amateurs et des professionnels, notamment via le programme de sciences participatives du MNHN au sein du Centre des sciences de la conservation (Cesco) : « STOC », pour « Suivi temporel des oiseaux communs ». Ce programme « produit des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats (forêt, ville, campagne, etc.) ». Ainsi, dans les milieux ruraux, les comptages effectués témoignent d’une diminution importante des populations d’oiseaux depuis les années 1990. « Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017 », précisent le CNRS et le MNHN dans un communiqué commun.

Huit perdrix sur dix ont disparu des campagnes

L’étude menée à échelle locale par le CNRS, sur la zone atelier « Plaine et Val de Sèvre », confirme les résultats nationaux, et démontre qu’au-delà des espèces propres aux milieux ruraux, les espèces généralistes sont également touchées. « Depuis 1995, des chercheurs du Centre d’études biologiques de Chizé (EBC) suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français », explique le CNRS. Ainsi, en 23 ans, aucune espèce d’oiseaux n’a été épargnée : la population d’alouette a diminué de 35 %, et la population de perdrix est « presque décimée », avec huit individus disparus sur dix. « Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes - fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes - retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non », soulignent les chercheurs. Un déclin qui irait de pair avec « l’effondrement des insectes » et qui est spécifique aux milieux agricoles, car les espèces généralistes concernées ne diminuent pas dans les autres milieux.

Jachères, cours du blé et néonicotinoïdes

Pour les chercheurs du CNRS et du MNHN, cette disparition massive « est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants ». Ainsi, au printemps 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières risquent d’être silencieuses. « Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance », concluent le CNRS et le MNHN.
Photo : Le bruant proyer, une espèce spécialiste des milieux agricoles en déclin © V. Bretagnolle, CEBC (CNRS/Université de La Rochelle)
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