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[Tribune] Dans l’œil de la tempête Covid-19

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[Tribune] Dans l’œil de la tempête Covid-19
Par Sharon Livermore, responsable principale de programme Conservation marine du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), le 3 décembre 2020
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La pandémie de Covid-19 a réduit l’activité humaine en mer, et avec elle la pollution sonore qui a un impact négatif sur la vie sous-marine. Sharon Livermore, responsable principale de programme Conservation marine du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), appelle à remettre en question les habitudes du secteur pour éviter d’altérer les conditions de vie de la faune marine.

Avec les restrictions de déplacement et de voyage mises en place pendant la pandémie, on note une nette réduction du trafic routier, ferroviaire et aérien : les sons qui dominent habituellement le bruit de fond de nos vies quotidiennes. Le matin et tout au long de la journée, nous avons pu entendre le chant des oiseaux et les bavardages des autres animaux : la faune nous rappelle ainsi au quotidien qu’elle communique de différentes manières et sur des distances variées, mais que le bruit généré par l’homme noie souvent ces communications. Et si nous pouvons entendre les bruits et les chants de la nature, cela signifie aussi que ces animaux peuvent s’entendre plus clairement et de plus loin.

La pollution sonore est invisible pour l’œil, mais elle noie les sons de la nature et le bruit excessif issu des activités humaines perturbe ces sons et leur perception par la faune. Ce phénomène est surtout visible lorsqu’il se produit dans l’air, mais la pollution sonore est également un problème important et une menace majeure pour les océans. Le son voyage beaucoup plus loin et plus vite sous l’eau que dans l’air, et il est d’une importance vitale pour les animaux marins dans la communication et la navigation. 

La vie marine est bombardée par la pollution sonore sous-marine produite par les navires, les canons à air sismique et les forages, ainsi que par les sonars militaires et de pêche. Comme le bruit est invisible, les impacts sur les différents animaux ne sont pas visibles immédiatement et il peut s’écouler un certain temps avant que les effets ne deviennent évidents pour les individus ou les populations. Cependant, il existe des preuves flagrantes de la manière dont le bruit affecte la vie marine. Par exemple, lorsque le trafic maritime sur la côte est des États-Unis s’est arrêté à la suite du 11 septembre 2001, les scientifiques étudiant les baleines franches de l’Atlantique Nord ont observé une forte diminution des hormones associées au stress dans leurs selles. D’après leurs observations, « c’est la première preuve que l’exposition au bruit de basse fréquence des navires peut être associée à un stress chronique chez les baleines ».

Entre 1960 et 2000, le niveau de pollution sonore des océans a doublé tous les dix ans dans de nombreuses régions. Cela a considérablement réduit « l’espace de communication » dont disposent les animaux marins : la distance sur laquelle les individus peuvent communiquer entre eux et leur capacité à détecter, reconnaître et distinguer une vocalisation ou un signal. Par exemple, les baleines bleues pouvaient autrefois communiquer entre elles sur des océans entiers, mais aujourd’hui, la distance sur laquelle elles peuvent s’entendre a diminué de 90% en raison de la pollution sonore sous-marine. Cela signifie que les possibilités et les choix de reproduction sont réduits ou perdus et, pour une espèce menacée, cela peut avoir des conséquences au niveau de la population.

Pendant la pandémie de Covid-19, de nombreuses activités industrielles ont été ralenties ou arrêtées, et l’industrie des croisières a été particulièrement touchée, avec la suspension totale des croisières dans toutes les mers et tous les océans du monde. Beaucoup de zones habituellement visitées et la vie marine sensible qui les habite bénéficieront cette année d’une période plus calme sans bateaux de croisière. La péninsule Antarctique et l’île subantarctique de Géorgie du Sud, où de nombreuses espèces menacées de baleines passent les mois d’été à se nourrir, échapperont à la présence des bateaux de croisière et au bruit qui y est associé pendant l’été austral. Parallèlement, les zones d’alimentation et d’allaitement des baleines bleues dans le golfe du Corcovado et sur l’île de Chiloé au Chili seront également beaucoup plus calmes pour ces baleines menacées.

Les niveaux de bruit sous-marin produits par les navires sont généralement corrélés à la vitesse à laquelle ils se déplacent, les plus rapides générant plus de bruit. Les bateaux de croisière qui se déplacent à grande vitesse dans le golfe de Hauraki, en Nouvelle-Zélande, sont depuis longtemps une préoccupation pour IFAW et d’autres groupes qui travaillent à la protection des rorquals de Bryde, une espèce menacée dans cette région. Les chercheurs ont découvert que le bruit produit par le passage de grands navires peut réduire l’espace de communication des rorquals de Bryde jusqu’à 87% dans cette zone, ce qui signifie que la capacité de ces baleines à se détecter mutuellement est considérablement réduite en présence de navires. Un autre problème majeur pour ces baleines est le risque de « collision avec les navires » quand ces derniers percutent les baleines, entraînant des blessures graves et souvent la mort.

La bonne nouvelle est que le bruit sous-marin et le risque de collision avec les navires peuvent tous deux être considérablement réduits par le ralentissement des navires. En outre, en voyageant à vitesse réduite, les navires consomment moins de carburant et produisent donc moins de gaz à effet de serre (GES), ce qui permet à la fois de réduire les coûts en carburant et de progresser vers les objectifs de réduction du CO2 pour le secteur du transport maritime. Le ralentissement de la vitesse peut donc être bénéfique à la fois pour l’environnement et le secteur.

Dans de nombreuses régions, la pandémie a permis aux animaux et aux habitats marins d’avoir un peu de répit face à certains des effets négatifs des activités humaines. Après le passage de la tempête Covid-19, nous aurons une opportunité unique de remodeler la façon dont des entreprises, comme le secteur des croisières, redémarrent leurs activités. Le « retour à la normale » ne devrait pas être une évidence, car la « normale » ne fonctionnait pas sur le plan écologique. La pandémie peut être un véritable électrochoc pour apporter les changements nécessaires à une meilleure protection des animaux, des humains et de cette planète qui est notre maison.
 
Sharon Livermore
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