« Rien ne sert de courir, il faut partir à point. » La célèbre morale s'applique sans nul doute au débat en cours sur la transition énergétique. Depuis son lancement en novembre, son Conseil national vient certes de se réunir pour la troisième fois (le 24 janvier, et non le 23 comme indiqué dans EMC 162). Mais l'exercice reste en rodage. « Le système a mis longtemps à démarrer. La mécanique est en place et nous allons pouvoir engager le débat de fond », assure Laurence Tubiana, membre du comité de pilotage et facilitatrice des échanges. Les participants avancent tout de même à tâtons. Comment seront synthétisés les avis remontés depuis chaque collège, chaque groupe de travail, chaque Région ? Comment mobiliser les citoyens ? Comment interviendra le groupe d'experts, chargé de décrypter les chiffres et postures idéologiques ? « Même si tout le monde y met de la bonne volonté, le retard au démarrage sera difficile à rattraper », craint-on du côté des ONG.
Mais n'est-ce pas là un passage obligé ? L'ambition est élevée. « L'énergie touche à tous les aspects de la société. L'organisation se met lentement en place, mais mieux vaut en parler avant que pendant le débat », philosophe Gilles Vermot Desroches, directeur développement durable de Schneider Electric et représentant du Medef. Lors de la dernière réunion du Conseil national du débat, une étape structurante a été franchie. Il s'agissait de partager les visions sur l'état des lieux et les enjeux du système énergétique tricolore. Ce premier pas doit déboucher sur un socle commun de connaissances, un consensus minimum sur la problématique du débat, un programme des auditions… Sans attendre, des groupes de travail se sont déjà formés. Leurs membres ont, par exemple, commencé par s'accorder sur ce que chacun entendait par « efficacité énergétique », « sobriété » ou encore « gouvernance ». Car mieux vaut parler la même langue pour s'entendre… à défaut de se faire entièrement confiance. Les ONG prévoient de lancer début février un site Internet, notamment, pour vérifier les faits énoncés par les autres parties prenantes.