En France, l'installation de milliers d'éoliennes potentielles (3 à 4 gigawatts) est bloquée pour ne pas interférer les spectres ultrasensibles des radars météorologiques et militaires. C'est pourquoi l'Ademe soutient depuis septembre 2010 le projet Eodis visant à développer des pales d'éoliennes à signature radar réduite. Des tests de mesures sur des pales furtives viennent de s'achever en Gironde, et les premiers résultats s'avèrent prometteurs. Pilotées par Astrium (filiale d'EADS), les recherches sont menées avec l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera) et la PME Plastinov. Elles ont abouti à la mise au point de pales furtives sur lesquelles la signature radar peut être 100 fois inférieure à celle d'une pale normale, grâce à la pose d'une couche d'un matériau absorbant et d'un mince film réfléchissant. « La structure absorbante est composée d'un plan réflecteur et d'une couche résistive. Ce type d'écran permet d'atteindre des niveaux d'absorption très important, explique Fabrice Boust, chef du projet à l'Onera. Les pales développées ne sont furtives que sur une bande de fréquence donnée, qu'il est possible d'adapter à toutes les fréquences radars ». Aussi, « tout a été fait – notamment le choix de la structure absorbante – pour que le surcoût soit minimum ». Ayant permis de valider les matériaux absorbants et leurs technologies de mise en œuvre, le projet Eodis, qui se termine en avril 2013, se poursuivra par un second, initié par Astrium, visant à développer et industrialiser des pales discrètes.