Dix ans de R & D, des partenariats avec des universités, et même une thèse pour comprendre fondamentalement les processus mis en œuvre. C'est ce qui a permis à Lafarge de mettre au point un tout nouveau clinker (constituant de base du ciment) à faible empreinte carbone. La production de 10 000 tonnes de ce ciment à l'usine du Teil (Ardèche) fin 2012, en valide la faisabilité industrielle. « Ce nouveau clinker peut être produit dans les usines existantes, car nous utilisons les mêmes composants que dans un ciment classique », explique Gunther Walenta responsable du programme CO 2 « Aether » chez Lafarge. Ce qui change, c'est la chimie du mélange. « Nous utilisons moins de calcaire, plus de fer, plus d'alumine. Au final, la minéralogie a complètement changé par rapport à un ciment traditionnel, tout en conservant des propriétés mécaniques comparables ». La moindre quantité de calcaire utilisée est pour beaucoup dans la réduction des émissions de CO 2 puisqu'une molécule de calcaire (CaCO 3 ) se décompose en une molécule d'oxyde de calcium (chaux vive, CaO) et une molécule de CO 2 . En outre, les quantités d'énergie nécessaires pour produire ce clinker nouvelle génération sont également réduites du fait de la température de cuisson plus faible (1 300 °C au lieu de 1 450 °C), mais aussi d'un broyage plus facile. Une batterie de tests est encore nécessaire pour s'assurer de la conformité de ce ciment aux normes du secteur, avant une mise sur le marché en 2014.