EDF, DCNS, Alstom, GDF Suez… Depuis quelques semaines les industriels français de l'énergie, producteurs d'électricité ou fabricant de matériels, affichent haut et fort leurs ambitions sur le marché des énergies marines. Ainsi Co-fely Endel, filiale de GDF Suez spécialisée dans la maintenance industrielle, a signé un accord de collaboration avec le concepteur d'hydroliennes allemand Voith Hydro, le constructeur naval français CMN et ACE, société commune créée par Cofely Endel et CMN. Cette collaboration porte sur la construction, l'assemblage et la maintenance des hydroliennes d'un éventuel futur parc pilote du raz Blanchard en Basse-Normandie. Celui-ci utiliserait l'hydrolienne HyTide conçue par Voith Hydro. Il pourrait voir le jour en 2016 et comprendrait 3 à 6 turbines pour une puissance de 3 à 12 MW. Selon GDF Suez, « ce parc est une étape préalable indispensable pour confirmer la viabilité technique et économique des technologies, en vue de construire à terme un parc industriel hydrolien plus important sur cette zone », considérée comme le premier gisement français. Encore naissant, ce secteur représente pour l'instant, selon Ernst&Young, moins de 2 % des montants investis dans le monde dans les renouvelables. Cette source d'énergie présente pourtant des avantages par rapport à l'éolien offshore. Elle est plus prédictible. À puissance installée équivalente, le rotor d'une hydrolienne ne mesure que 18 mètres de diamètre, là où celui d'une éolienne en fait 50. Ensuite, la ressource hydrolienne est très localisée. Elle est située là où la vitesse des courants dépasse les 2 m/s, ce qui permet de concentrer l'installation des équipements. En France, le potentiel est concentré à 80 % sur deux zones : le Raz Blanchard et le passage du Fromveur en Bretagne. Selon la Commission européenne, l'Europe, principalement la Grande-Bretagne et la France, concentre à elle seule la moitié du potentiel mondial. La capacité installée dans l'Union européenne pourrait atteindre 3,6 GW en 2020 et représentait à plus long terme un marché annuel de 15 milliards d'euros.