Plus de 1,6 milliard. C'est le montant de pertes nettes accumulées l'an dernier par Vestas et Gamesa, les deux fabricants européens de turbines éoliennes, dont un peu plus de 900 millions d'euros rien que pour le premier. Ces pertes, les pires de l'histoire de l'industrie européenne de l'éolien, illustrent l'effondrement du marché sous le coup de l'arrêt des subventions publiques, la concurrence de nouveaux entrants comme la Chine. Mais elles viennent aussi sanctionner la stratégie d'acteurs trop centrés sur l'Europe, alors que l'installation d'éoliennes a atteint un nouveau record dans le monde en 2012 (44,7 GW, +19 %). General Electric a profité de ces difficultés pour ravir à Vestas sa place de numéro un mondial des turbines éoliennes, selon BTM Consult. L'espagnol Gamesa est lui sorti du top 5. Ces situations fragilisent un peu plus ces groupes au moment de la réponse à de grands appels d'offres, les développeurs de centrales préférant s'appuyer sur des groupes rentables. En réponse, Vestas et Gamesa sont contraints de réorganiser leur outil de production. Les deux groupes ont annoncé l'année dernière la suppression de 6 800 postes à travers le monde.