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 Nous avons fait du CO 2 une monnaie 

LA RÉDACTION, LE 18 FÉVRIER 2013
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Comment est née cette idée de monnaie CO 2  ? Valorex est une entreprise de nutrition animale. Elle a été fondée il y a vingt ans avec la volonté d'être en rupture avec le modèle dominant à l'époque et encore aujourd'hui. L'association Bleu-Blanc-Cœur a ensuite été créée pour bâtir une filière du champ à l'assiette. Nous nous sommes construits au carrefour de la nutrition animale et de la diversité végétale, en privilégiant une alimentation à base d'herbes, de lupins, de luzerne… Dès 1997, nous avons connu un premier tournant en nous intéressant aux bénéfices de cette nutrition animale sur la santé humaine. En parallèle, nous avons cherché le lien avec les émissions de méthane des ruminants. Ce que nous présentons aujourd'hui est le fruit de ces deux décennies de collecte de données. Concrètement, de quoi s'agit-il ? Valorex a travaillé avec l'Inra. Cette collaboration a abouti en 2008 sur le dépôt d'un brevet commun. Nous avons prouvé l'existence d'un lien très étroit entre les émissions de méthane d'une vache et la teneur en acides gras de son lait. Sur cette base, nous avons mis au point une technique appelée Visiolait. En mesurant par infrarouges la teneur en acides gras dans le lait, elle nous permet de calculer la quantité de méthane émis par la vache entre deux relevés. À production de lait égale, elle peut varier du simple au double ! En modifiant l'alimentation des troupeaux, tout l'enjeu est de diminuer les émissions. C'est cette réduction que nous mesurons. En France, les émissions de méthane des ruminants ont atteint 26 millions de tonnes équivalent CO 2 en 2010. Imaginez un troupeau de 50 vaches, produisant chacune 20 litres de lait par jour avec un régime alimentaire standard «  maïs-soja  ». Pour chaque litre, 18 grammes de méthane sont émis. Si, en changeant leur alimentation, vous baissez de 20 % leurs émissions, cela correspond pour le troupeau à 27,6 tonnes équivalent CO 2 évitées par an. Soit près de 220 000  km non parcourus en voiture. Après la validation scientifique de l'Inra, nous avons obtenu l'agrément du ministère de l'Écologie en avril 2011, puis celui des Nations unies en avril 2012. Notre dispositif rentre donc désormais dans le cadre des projets domestiques de lutte contre le changement climatique. C'est sur cette technique que repose votre monnaie CO 2 … Oui. Nous sommes volontairement restés en dehors du marché du carbone, sur lequel la tonne de CO 2 n'est valorisée qu'entre 1 et 10 euros. C'est trop peu. Dans notre système, nous lui avons attribué un prix de 100 euros. Pour chaque éleveur, nous mesurons tous les mois la baisse des émissions de méthane de son troupeau. Nous la convertissons en équivalent CO 2, puis en bons d'achats auprès de fournisseurs de matériels référencés. En figurant dans notre catalogue, ces fournisseurs touchent une clientèle – les éleveurs – très diffuse. En échange, ils leur consentent des remises sur le prix de leurs matériels. L'idée est de proposer des produits vertueux. Par exemple une clôture photovoltaïque ou un luminaire à led. Sur les 72 000 éleveurs français, 3 000 utilisaient déjà notre système Visiolait, indépendamment de la question climatique. Il leur sert à mesurer d'autres paramètres sur leur lait. Parmi eux, 500 se sont engagées dans la charte Bleu-Blanc-Cœur de réduction des émissions de méthane. En dix mois, une réduction de 9  600 teqCO 2 a été validée par les Nations unies.


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