La question a été posée le 14 février par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). La sénatrice Fabienne Keller (UMP) et le député Denis Baupin (EELV) ont posé la première pierre d'un rapport à paraître en fin d'année. L'audition d'une quarantaine de spécialistes a démontré la persistance des obstacles à la mobilité durable. Exemple avec les véhicules électriques : « Leur développement ne décolle pas. Les technologies existent, mais conviennent-elles à l'usage ? Quel soutien nécessitent-elles ? », s'interroge Danielle Attias, professeur à l'École centrale de Paris. « Leurs ventes augmentent, alors que le reste des immatriculations s'effondre », tempère Joseph Beretta, président de l'Avere-France. Mais ces ventes sont si minimes qu'aux yeux de certains le marché n'existe pas. L'agglomération de Rouen fut ainsi précurseur. Son partenariat avec Renault remonte à deux ans et s'est élargi à d'autres acteurs… pour des résultats modestes : huit points de recharge. Cette première audition aura eu le mérite de faire avancer le sujet en inversant la problématique. Plutôt que de s'interroger sur la seule offre de mobilité, « il est temps d'envisager une réduction de la demande », a signalé le sociologue Bruno Marzloff. Au Certu, Patricia Varnaison, chef du département Déplacements durables, va dans le même sens : « Les jeunes générations se déplacent moins ». Le Credoc, lui, nuance : « Les tramways, la multiplication des supérettes et la livraison à domicile ont réduit la dépendance automobile en centre urbain, observe Isabelle Van de Walle. Mais en périurbain, c'est tout à fait différent. »