« Les capteurs actuels ne sont pas assez sensibles par rapport à l'abaissement probable des valeurs seuils fixées par les directives-cadres européennes », explique Haad Bessbousse, ingénieur de recherche au Laboratoire des solides irradiés (CEA, CNRS et École Polytechnique). D'où le projet Ecosistem, qui développe un procédé novateur de détection des métaux dans l'eau. Formé d'une membrane en polyfluorure de vinylidène (PVDF) percée d'un réseau de nanotubes, le matériau adsorbe et piège les ions de métaux lourds présents. Une fine couche d'or déposée de chaque côté de la membrane constitue un capteur qui, associé à un système de mesure électrochimique, donne l'information sur l'ion piégé (potentiel redox et quantité) sans avoir à prélever un échantillon d'eau. Grâce à sa structure 3D, il est ainsi quatre fois plus sensible (de l'ordre de 0,1 microgramme/L) que la plupart des systèmes à électrodes sérigraphiés en 2D. « Et contrairement aux électrodes à mercure, certes très sensibles, le système ne contient aucune substance toxique », ajoute la chercheuse. Autre avantage, la possibilité de réaliser des mesures sur site en temps réel. Le procédé détecte déjà huit métaux, tels que le cuivre, le plomb, le cadmium ou le chrome. Prochaine étape : le transfert de technologies.