Comment se porte le photovoltaïque français ?
Cette édition de l'observatoire repose sur les statistiques de l'année 2012. Nous avons maintenant un panorama complet du secteur depuis le moratoire de 2010. Il y a d'abord eu un assainissement du marché, mais la dynamique n'est pas repartie en 2012. La capacité raccordée a connu une baisse de 30 % par rapport à 2011. Il ne reste plus en France qu'une poignée d'acteurs. Soit de grands énergéticiens qui incluent dans leur offre le photovoltaïque parmi un panel de solutions. Soit de grosses PME qui ont survécu grâce à l'export. Mais tôt ou tard, il leur faudra une vitrine sur le marché national.
Un segment de marché résiste-t-il mieux que les autres ?
Les statistiques pourraient laisser croire qu'il y a eu, au dernier trimestre 2012, un regain des demandes de raccordement de centrales au sol. Mais l'expérience invite à penser qu'une grande partie n'ira pas à son terme. Pour de tels dossiers, 12 à 18 mois sont nécessaires entre la demande de raccordement et le bouclage du projet, notamment de son financement. Le résidentiel a été le premier marché à s'effondrer après le moratoire. Avec le recul, on s'aperçoit que tous les segments se sont écroulés. Au début 2013, le gouvernement a annoncé des mesures d'urgence. Ce sont des solutions temporaires en parallèle du débat sur la transition énergétique. Le cadre réglementaire ne sera pas revu avant 2014. Mais au moins, ces mesures auront mis du baume au cœur de la profession.
Le pire est-il passé ?
Les chiffres de 2012 confirment l'écroulement de la filière et 2013 sera assurément une année de transition. Mais oui, le point bas est probablement derrière nous. Il faut maintenant aller de l'avant pour construire une nouvelle dynamique. France Territoire Solaire travaille à la rédaction de propositions pour relancer le photovoltaïque en France. Depuis deux ans, nous sentons que les mœurs ont changé dans le milieu politique et dans « l'establishment de l'énergie ». Il n'y a plus de forte opposition au photovoltaïque. Les entrepreneurs qui ont survécu retrouvent un certain optimisme. Le débat en cours doit donner une stratégie énergétique au pays. Il ne porte pas spécifiquement sur le pilotage de la filière photovoltaïque. Il faudra donc continuer à travailler ensuite. La loi d'orientation ne sera que le début d'une nouvelle histoire.
À quoi pourrait-elle ressembler ?
France Territoire Solaire préconise de mettre le grand braquet sur le photovoltaïque compétitif, celui des grandes installations produisant à 100 euros du mégawattheure. Des projets sont aujourd'hui développés en se passant des tarifs d'achat. Pour les petites et moyennes installations, qui produisent autour de 170 euros du mégawattheure, il faut changer d'approche. La bonne entrée est celle de la performance énergétique des bâtiments, qui peut faire appel à d'autres dispositifs de soutien. De toute façon, il est temps de sortir de la seule logique du tarif d'achat. Toute une ingénierie financière est à repenser. Pourquoi les consommateurs de gaz ne paieraient-ils pas une CSPG, à l'image de la CSPE pour l'électricité ? Et pourquoi les consommateurs de fioul ne paieraient-ils pas le prix de la pollution ? Peut-être pourrait-on aussi se pencher sur la fiscalité des projets de centrales photovoltaïques dans le cadre d'une politique de développement industriel. Peu de monde réalise l'impact qu'elle peut avoir sur les développeurs. TB